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Isabel dos Santos le 18 octobre à Londres lors d'une conférence organisée par Reuters. 
© TOBY MELVILLE

Angola

Isabel dos Santos éjectée de la compagnie pétrolière Sonangol

La fille de l’ancien président angolais fait les frais d’un premier remaniement du régime de Luanda

La redistribution des cartes économiques a commencé en Angola. Le nouveau président, João Lourenço, a annoncé mercredi avoir limogé la PDG de la compagnie pétrolière nationale Isabel dos Santos, fille de l’ancien chef de l’Etat José Eduardo dos Santos et symbole du népotisme reproché à son régime.

João Lourenço a décidé de «relever de leurs fonctions les membres du conseil d’administration» de Sonangol, a indiqué la présidence dans un décret diffusé à la presse.

Une nomination qui avait surpris

Isabel dos Santos, 44 ans, avait pris en 2016 la direction de la compagnie, en grande difficulté financière depuis la chute des cours du pétrole il y a trois ans. Cette nomination avait surpris et consterné les connaisseurs de l’Angola, qui y voyaient la preuve du népotisme et de l’isolement croissant du président dos Santos.

Lire aussi: Diamants, art et pétrole, l’empire du premier couple d’oligarques africains

Depuis le départ de José Eduardo dos Santos et l’arrivée au pouvoir de son dauphin Lourenço, les observateurs se demandaient combien de temps Isabel dos Santos pourrait tenir à la tête de Sonangol, la plus grosse compagnie pétrolière d’Afrique subsaharienne.

«João Lourenço va sans doute devoir réorganiser les secteurs clés de l’économie: pétrole, diamants, télécoms, banques, construction, agriculture… tous contrôlés par la famille dos Santos et ses proches», expliquait cet été le spécialiste de l’Angola Ricardo Soares de Oliveira.

«João Lourenço n’aura pas d’autre choix que de dépecer en douceur l’empire économique dos Santos s’il veut construire son propre pouvoir, poursuivait-il. Peut-être n’y arrivera-t-il pas, le système est résistant.»

Isabel dos Santos possède des participations majeures dans presque toute l’économie angolaise, des diamants aux banques en passant par les télécoms, les cinémas, les supermarchés, le ciment et la télévision.

Successeur désigné de José Eduardo dos Santos, qui a régné pendant trente-huit ans sur l’Angola, João Lourenço a pris les rênes du pays en septembre après la victoire du parti au pouvoir lors des élections générales d’août 2017. Pendant sa campagne électorale, il a promis de relancer l’économie du pays, affectée par une grave crise, et de lutter contre la corruption.

Isabel dos Santos sera remplacée à la tête de Sonangol par l’ancien secrétaire d’Etat au Pétrole Carlos Saturnino, selon le décret présidentiel.

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