Au cœur des marchés

It’s the economy, stupid

Cette célèbre phrase de James Carville, conseiller de Bill Clinton, lors de la campagne présidentielle victorieuse du parti démocrate en 1992 face à George Bush, doit aujourd’hui hanter les conseillers d’Hillary Clinton

Cette célèbre phrase de James Carville, conseiller de Bill Clinton, lors de la campagne présidentielle victorieuse du parti démocrate en 1992 face à George Bush, doit aujourd’hui hanter les conseillers d’Hillary Clinton, qui semblent s’être fait prendre au même piège que leurs prédécesseurs avaient, jadis, tendu au camp républicain. En effet, de la même manière que Bill Clinton avait pris le contre-pied de George Bush en concentrant sa campagne sur l’économie, alors que son adversaire s’enorgueillissait de son bilan en politique étrangère, Donald Trump a su s’approprier les thèmes populaires, comme l’économie, pour l’emporter face à sa rivale.

La situation économique de 2016 n’a certes rien à voir avec celle de 1992 puisque les États-Unis viennent d’enregistrer une croissance de 2,9% au 3e trimestre et affichent un taux de chômage à 4,9% alors qu’en 1992 le pays était en pleine récession et affichait un taux de chômage de 7%. Malgré cet héritage économique favorable, Donald Trump a réussi à exploiter les «ratés» de la reprise économique dans sa campagne, à l’instar des inégalités croissantes, de la baisse de la productivité et de la désindustrialisation du pays.

En devenant le 45e président des États-Unis, il a déjoué tous les sondages et surprit la plupart des observateurs dont les investisseurs qui ont, en outre, dû faire face à des mouvements de marchés que peu avaient anticipés. En effet, alors que le consensus prévoyait qu’une victoire de Trump entraînerait une hausse de la volatilité, une baisse des taux et une correction des marchés d’actions, c’est le contraire qui s’est produit puisque la volatilité a baissé de 30%, les taux américains à 10 ans sont remontés de plus de 0,4% et le S&P 500 a atteint de nouveaux records. La question est maintenant de savoir si ces mouvements sont le fruit d’une forme de folie collective ou, au contraire, d’une réévaluation rationnelle par les marchés de l’influence qu’aura Trump sur la direction de l’économie américaine et de ses marchés financiers.

Cette seconde option est la plus probable car bien que la victoire de Trump crée nombre d’incertitudes, son programme économique pourrait s’avérer positif sur l’économie américaine et ses marchés, notamment par le biais des investissements massifs en infrastructures ou des réductions d’impôts pour les ménages et les entreprises. Si ces mesures devraient certes entraîner une hausse de l’inflation, des déficits et des taux, elles devraient dans le même temps soutenir la consommation et l’activité des entreprises.

Dans ce contexte, nous continuons à privilégier les actions américaines dans notre allocation d’actifs et particulièrement les actions «value» ou les «small caps» qui devraient être les principales bénéficiaires de la politique de Trump et affichent des valorisations attractives ainsi qu’une corrélation positive avec les taux d’intérêt.

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