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Ivan Glasenberg, directeur de Glencore, vitupère contre la venue de concurrents chinois qui «ne respectent pas les règles et les mêmes standards de sécurité».
© Toby Melville / Reuters

Matières premières

Ivan Glasenberg: «Apple et Tesla font monter le prix des minerais»

Le patron de Glencore anticipe un boom du marché des voitures électriques qui pourrait doubler la demande mondiale de cobalt et de cuivre. En Afrique, il faudra pourtant affronter la convoitise chinoise

Trois ans après avoir failli être emporté par la chute des prix des matières premières, Glencore veut profiter d’une nouvelle ère industrielle gourmande en métaux comme le cobalt ou le cuivre pour retrouver une croissance durable.

Graphiques à l’appui, Ivan Glasenberg, son directeur exécutif, s’est employé pendant près de deux heures, lors d’une session de questions réponses avec les médias suisses dans son siège social de Baar (ZG), à souligner le poids de Glencore dans l’économie physique.

A la veille de l’assemblée générale du groupe aux 90 matières premières, le Sud-Africain poursuit sa démonstration. Le cobalt, utilisé pour les batteries de smartphone? «Glencore en a produit 28 000 tonnes. Ce qui nous place dans le top 3 mondial.» Le cuivre des batteries de voitures électriques? «Lorsque nous atteindrons nos objectifs à 1,8 million de tonnes, nous deviendrons le premier producteur mondial.»

Diversification à coups de milliards

Et si Ivan Glasenberg exhibe ses minerais pour se distancer de ses concurrents comme Trafigura ou Vitol – «des maisons de négoce genevoises actives dans la spéculation» –, c’est pour mieux défendre son bilan. Après l’entrée en bourse de Glencore en 2012, il a investi sans compter pour acquérir les mines de Xstrata (30 milliards de dollars), les champs de Viterra (6,1 milliards) ou le pétrole de Caracal Energy (1,35 milliard). Des actifs physiques qui se sont révélés ruineux après la chute du cours des matières premières en 2014.

Lire aussi «Comment Glencore est passé des sommets aux abîmes»

Depuis, Glencore a dû démanteler une partie de son empire pour réduire un endettement qui a culminé à 30 milliards de dollars, et stopper pendant un temps le versement du dividende à ses actionnaires. Mais le géant zougois est à nouveau sur les rails de la croissance et tient à faire savoir qu’il possède toujours un portefeuille de matières premières stratégiques.

L’appétit des géants de la «tech»

Les cours du cuivre, du cobalt, du nickel et du zinc sont actuellement portés par l’appétit des géants de la «tech», Apple et Tesla en tête. Pour Ivan Glasenberg, la «révolution des véhicules électriques», soutenue par le boum technologique et des politiques incitatives, assure le rendement futur du titre Glencore. D’ici à 2025, l’électrification du parc automobile à 52 millions d’unités devrait assurer une hausse de la demande mondiale de nickel de 210 000 tonnes et de 1,65 million de tonnes de cuivre. «Et Glencore s’assurera que le monde a assez de cuivre», promet Ivan Glasenberg.

Pourtant, alors que les constructeurs promettent tous de lancer des modèles low-cost de voitures électriques, c’est l’offre qui pourrait venir à manquer. «Si la demande chinoise continue de grimper, quelqu’un devra bien creuser de nouvelles mines», concède le directeur de Glencore. Or aujourd’hui, les investissements sont au plus bas et les nouvelles explorations n’ont pas abouti sur les résultats escomptés.

Compétiteurs chinois

Et les groupes chinois ne se sont pas fait attendre pour avancer leurs pions. Glencore avait jusqu’à présent trouvé dans la République démocratique du Congo (RDC) de Joseph Kabila, un terrain propice aux affaires. Mais, dans un contexte politique mouvementé, le groupe China Molybdenum Co s’est offert 56% de la société minière Tenke Fungurume copper project. Au nez et à la barbe de l’entreprise d’Etat Gécamines, pourtant actionnaire à hauteur de 20%.

Et Ivan Glasenberg de vitupérer contre l’arrivée de cette concurrence à bas coût. «Dans certains pays où opèrent les Chinois, nos concurrents ont un avantage de coût parce qu’ils ne respectent pas les règles et n’ont pas les mêmes standards de sécurité. Mais leur production reste bien moins sophistiquée.» La guerre du cuivre ne fait que commencer.

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