Izi. Travel aspire à devenirle Google du tourisme

Tourisme L’outilest financé depuis Genève parune généreuse entrepreneure russe

Il vise à réunirles musées et les monuments du monde entier surune seule application

LinkedIn a été lancé en 1994. Wikipédia en 2001. Facebook a vu le jour trois ans plus tard. Suivi de YouTube, puis de Twitter, entre 2005 et 2006. Toutes ces plateformes ont depuis, parfois contre toute attente, connu un succès retentissant. «Nous espérons qu’Izi. Travel provoquera un engouement comparable en tant que référence du marché des voyages», résume Vera Duin, responsable marketing en Suisse de l’application qui ambitionne de réunir l’offre culturelle du monde entier.

L’outil de mise en récit avec des tours audioguidés est opérationnel depuis 2013. Financé par une discrète et riche entrepreneure russe établie à Genève depuis 11 ans, il ambitionne de permettre l’exploration des musées, du patrimoine de toutes les villes du globe, de leurs monuments et autres circuits touristiques via smartphone, tablette ou application web. «Open source», le contenu d’Izi. Travel (livré par les institutions culturelles elles-mêmes, les professionnels du voyage, ou par les visiteurs qui créent leur propre guide multimédia) est mis à disposition du public gratuitement. «Malgré la modestie de nos initiatives de promotion, nous couvrons pour l’heure déjà 260 destinations», indique Vera Duin, qui souhaite à présent faire connaître davantage son outil. A l’instar d’autres sociétés technologiques, l’entité dont le siège social se trouve à Amsterdam connaît une croissance rapide: +15% par mois, s’agissant de visiteurs et de créateurs de contenus.

La plateforme est entretenue, gracieusement, par une équipe de plus de 60 employés. Dont une poignée de développeurs à Amsterdam, anciennement basés à Saint-Pétersbourg, en Russie. «Des institutions municipales genevoises, plusieurs musées privés et des acteurs touristiques locaux ont adopté Izi. Travel en tant que principal guide mobile audio», se félicite Laura Marchand, responsable pour le marché francophone de la start-up.

Genève a par ailleurs accueilli la semaine dernière le congrès MuseumNext, où environ 550 délégués des plus grands musées – MoMA, Tate Modern, Musée Van Gogh d’Amsterdam, Pôle muséal de Chicago –, représentant quelque 30 pays, ont suivi des ateliers sur les nouvelles technologies. Izi. Travel était à cette occasion sur de nombreuses lèvres. «Le Musée d’art et d’histoire [MAH] et ces cinq lieux d’exposition ont signé un accord avec Izi. Travel et travaillent déjà avec. Nous sommes très satisfaits de leur outil, relève David Matthey, médiateur culturel au MAH. Car l’outil fonctionne parfaitement, ce qui est un avantage comparatif assez rare dans ce domaine.» Autres atouts de la plateforme: elle est gratuite et facile à utiliser pour les visiteurs, ne nous demande pas de connaissances techniques particulières (les salariés d’Izi. Travel se chargent de tout), centralise un nombre toujours croissant de données, et offre une grande souplesse en termes de gestion de contenu. «Si, par exemple, une œuvre fait l’objet d’une restauration, nous pouvons d’un simple clic le retirer de notre offre», souligne-t-il.

Verra-t-on un jour fleurir des publicités ou des options payantes sur Izi. Travel? «Nous pourrions d’afficher des annonces touristiques extra-muséales, soit des informations liées à des restaurants ou des hôtels. Mais rien n’est encore décidé», signale Vera Duin. A l’instar d’autres acteurs du numérique, le modèle économique d’Izi. Travel se caractérise par sa souplesse.

«Des institutionset des musées privés genevois ont adopté Izi. Travel en tant que guide mobile audio»