Banques

J. Safra Sarasin se félicite d'une gestion efficace de ses dépenses

L’établissement privé a vu son bénéfice progresser de 12% en 2015. Il compte bien profiter de son assise financière pour continuer à être un acteur de la consolidation

La banque privée J. Safra Sarasin a publié ce vendredi un bénéfice net de 230,5 millions de francs pour l’année 2015. Soit un résultat en hausse de 12% par rapport à l’année précédente. L’amende de 85,8 millions de francs infligée aux Etats-Unis, et provisionnée de longue date, n’a quant à elle pas pesé sur les résultats. Les actifs sous gestion, enfin, sont passés de 146,2 à 144,2 milliards de francs, dont une centaine de milliards concernent la clientèle privée et une quarantaine la clientèle institutionnelle.

Rencontré jeudi à Genève, le président du Conseil d’administration de la banque Ilan Hayim se félicite de pouvoir annoncer chaque année depuis la fusion en 2013, «une hausse constante et régulière du résultat». En 2014, la banque avait publié un bénéfice net en progrès de 14%, à 205,3 millions de francs. Concernant l’évolution de la masse sous gestion, il cite trois explications: le renforcement du franc, les turbulences sur les marchés financiers et les taux d’intérêt négatifs. «Des effets qui ont été largement compensés par des apports nets de fonds», assure-t-il néanmoins. S’il ne souhaite pas dévoiler le montant total des fonds récoltés l’année dernière, il annonce tout de même 3 milliards de francs pour l’Asie et le Moyen-Orient.

Ilan Hayim se montre particulièrement satisfait de la nature des revenus de la banque qui s’élèvent, au total, à 1,019 milliard de francs. «La part provenant de la gestion, notre cœur de métier, augmente plus rapidement que celle issue des intérêts», explique-t-il tout en précisant que les commissions ont progressé de 4% sur l’année écoulée. Les dépenses, qui se montent à 603 millions, ont de leur côté fléchi de 1%, assure-t-il.

Une hygiène de vie

La maîtrise des coûts représente d’ailleurs la grande fierté de J. Safra Sarasin. La banque se targue d’un ratio coûts/revenus de 59,2% quand d’autres, à l’instar de Lombard Odier, annoncent 80%. «C’est une hygiène de vie qui doit se faire en tout temps, souligne Ilan Hayim. Nous avons pour philosophie de ne pas nous lancer dans des investissements ou des recrutements pour lesquels on ne verrait pas forcément une opportunité de rentabilité.»

Si la banque se veut prudente dans sa gestion des dépenses, elle compte bien continuer à être un acteur de la consolidation en cours de la place financière. Même après le rachat des activités de Morgan Stanley – définitivement intégrées en 2015 – et celles de la banque Leumi au Luxembourg l’année dernière. «Notre assise financière [ndlr, le groupe J. Safra Sarasin dispose de 4,1 milliards de francs de fonds propres] nous offre à ce titre une grande marge de manœuvre», souligne Ilan Hayim.

Questionné sur le cas de BSI, banque pour laquelle J. Safra Sarasin avait été citée au rang des repreneurs potentiels avant qu’elle ne soit rachetée par EFG International, ce dernier n’a pas souhaité commenter des rumeurs. Il souligne néanmoins que la banque regarde avec attention un certain nombre de dossiers, y compris des établissements pouvant avoir 80 milliards de francs sous gestion. «La taille n’est pas vraiment un critère, poursuit-il. Ce qui compte avant tout c’est le timing, le moment où apparaît une opportunité ainsi que l’origine de la clientèle.»

Pour Ilan Hayim, la croissance externe ne doit toutefois pas prendre le pas sur la croissance organique. «Nous comptons d’ailleurs développer nos activités en Europe mais aussi en Suisse romande ces prochaines années», précise-t-il. En attendant, J. Safra Sarasin comptait 2022 collaborateurs à la fin 2015, contre 1980 un an plus tôt. Parmi eux la moitié travaille en Suisse et 250 environ à Genève.

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