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Jack Ma, cofondateur d’Alibaba. Le milliardaire chinois a livré ce mardi devant les représentants de la Genève internationale sa vision de l’avenir du commerce en ligne et des effets de la 4e révolution industrielle.
© VALENTIN FLAURAUD / Keystone

Développement

Pour Jack Ma, Alibaba est un «outil pour propager l’économie numérique»

Le patron du numéro un chinois de la vente en ligne doit prochainement annoncer les résultats préliminaires de sa promesse faite à Donald Trump de créer un million d'emplois aux Etats-Unis. Rencontre express à Genève, dans le cadre d’un sommet onusien dédié au commerce électronique

«Le monde doit se préparer à traverser un océan de souffrances, ponctuées de conflits sociaux, ces trois prochaines décennies.» Voilà le message livré par le milliardaire Jack Ma il y a quelques jours en Chine, lors d’une conférence sur l’entrepreneuriat.

Lire aussi: Mukhisa Kituyi: «Nous vivons un malaise économique profond»

Première phase imminente de la promesse à Donald Trump.

Ce mardi à Genève, en marge de la semaine du commerce électronique organisée par la Conférence de Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), le cofondateur du site chinois Alibaba a précisé sa pensée: «Il faut davantage démocratiser Internet et la vente en ligne, avec l'aide du secteur privé et en dialoguant avec les gouvernements. Sinon, cela ira très mal pour le développement économique mondial.»

Jack Ma assure avoir contribué à l’essor de 12 000 entreprises en Chine. Chacune aurait créé jusqu'à trois emplois en moyenne, soit au total 33 000 postes de travail. «Nous pouvons en faire autant dans d’autres pays, estime le président d'Alibaba. Je compte d'ailleurs bientôt annoncer la première étape de ma promesse, faite à Donald Trump en janvier dernier, de créer un million d'emplois aux Etats-Unis.» Pour le milliardaire chinois, Alibaba doit servir de tuteur pour propager les échanges numériques et doper la croissance. Ce groupe a beau être chinois, «il appartient au monde entier, à la génération actuelle», souligne-t-il.

Bientôt des robots directeurs

Il y a quelques jours, le milliardaire et envoyé spécial de la Cnuced prédisait – en substance – aux entreprises le choix suivant: soit elles s’adaptent aux progrès technologiques, soit elles disparaîtront. Impitoyablement, en raison de la 4e révolution industrielle et son cortège d’innovations, comme l’informatique en nuage ou l’intelligence artificielle. Des domaines dans lesquels Alibaba a déjà investi des milliards de dollars.

Il y a quinze ans, personne ne me prenait au sérieux, car je n’étais pas encore connu.

La dernière vision de Jack Ma? Dans 30 ans, le titre de meilleur directeur général de multinationale devrait être décerné à un robot. «Les machines ont une meilleure mémoire que nous, calculent plus rapidement et n’éprouvent aucun état d’âme face à la concurrence», déclarait-il avant de se rendre à Genève.

Le patron d’Alibaba dit s’être longtemps époumoné à encourager l’économie traditionnelle à s’adosser à la Toile et à son essor. «Mais il y a quinze ans, personne ne me prenait au sérieux, car je n’étais pas encore connu», avait-il indiqué. Aujourd’hui âgé de 52 ans et à la tête d’une multinationale de près de 18 milliards de francs de chiffre d’affaires en 2016, pour plus de 36 000 employés, Jack Ma continue de marteler ses mêmes vérités.

L’ami mécanique

«Le cerveau humain est incapable de traiter, seul, la quantité de données de masse produites chaque jour. La montée en puissance des robots et de l’intelligence artificielle est donc inéluctable», avait-il prévenu dimanche passé. Et ce dernier de nuancer: «Mais les machines ne doivent pas se substituer intégralement aux salariés en chair et en os. Elles doivent intervenir comme partenaires, pour des tâches ne pouvant être accomplies par un collaborateur vivant.»

Pour éviter que certains progrès technologiques n’assèchent le marché de l’emploi, Jack Ma préconise notamment de réformer nos systèmes éducatifs, pour apprendre à interagir avec les robots, afin d’amortir le phénomène d’automatisation en marche.

Majors réunies à Genève

Le Sommet de la Cnuced à Genève, dédié au commerce électronique, doit réunir jusqu’à ce vendredi plus de 1000 délégués, dont une vingtaine de ministres et des cadres dirigeants d’eBay, d’Etsy, de FedEx, de Jumia, de Huawei, de Kapruka, de Paypal et de Vodafone. A en croire l’agence onusienne, l’e-commerce a cumulé en 2015 un chiffre d’affaires de près de 25 000 milliards de francs. Principaux marchés de la vente en ligne: les Etats-Unis, avec environ 7000 milliards de francs d’échanges, devant le Japon (près de 2500 milliards) et de la Chine (un peu moins de 2000 milliards). L’Allemagne et la France, de leur côté, se classent 5 et 7e, avec respectivement plus de 1000 milliards et quelque 700 milliards de francs de ventes par an en 2014.

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