Genève

Jaguar électrique et voiture volante au programme du Salon de l'auto

Toujours plébiscité par les constructeurs, même si Opel se fait porter pâle cette année, le rendez-vous genevois propose nombre de nouveautés intéressantes. Tour de piste

GIMS! C’est désormais le nom officiel du Salon de l’auto de Genève, dont la 88e édition s’ouvre au public le jeudi 8 mars. Geneva International Motor Show est plus en phase avec les ambitions de la manifestation, chérie par les constructeurs internationaux. Une grande halle plus pratique que les pavillons dispersés des salons de Francfort ou de Paris, un rythme annuel, la proximité immédiate d’un aéroport, un espace neutre qui ne privilégie pas de marques nationales, une organisation solide: on comprend qu’un groupe comme Volvo fasse l’impasse sur les concurrents du salon suisse, ne retenant que Genève pour présenter ses nouveautés en Europe.

Reste qu’un symbole sera absent cette année à Palexpo. Jadis fabriquées à Bienne, longtemps adorées en Suisse, les voitures Opel sont victimes de la reprise de la marque par le français PSA, mesures d’économie à l’avenant. Leur vaste stand est repris par Aston Martin, ce qui conduit plein gaz à une autre identité du salon genevois. Il est l’écrin incontesté des enseignes du luxe automobile, où celles-ci trouvent bon nombre de leurs clients, sans que leurs modèles ne soient stigmatisés pour leurs coûts, leurs statuts, leurs émanations coupables de CO2.

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Concurrence à Tesla

L’icône électrique Tesla sera également aux abonnés absents. Le constructeur californien a renoncé à tous les salons automobiles, préférant aujourd’hui assurer sa propre communication à la manière des keynotes d’Apple. La marque laisse place nette à des rivaux jaloux de sa notoriété (ils le sont moins de ses ventes), bien décidés à lui tailler des croupières.

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A commencer par Jaguar, presque cent ans au compteur, qui présente l’une des principales nouveautés du Salon: l’I-Pace. Le SUV tout électrique prend de vitesse les propositions similaires d’Audi ou Mercedes en ouvrant ses commandes, pour une livraison au second semestre 2018. Batterie de 90 kWh, autonomie de 480 km, 400 chevaux, 696 Nm de couple, recharge en quarante minutes lorsque les bornes proposeront du 100 kW: le 4x4 met haut la barre électrique.

La marque britannique est allée jusqu’à développer ses propres moteurs synchrones à aimant permanent, l’un disposé sur l’axe avant, l’autre à l’arrière. L’I-Pace chassera sur les terres du Model X de Tesla, sans portes papillon, mais à tarif équivalent. En Suisse, il s’adresse en Suisse aux 7% de la population qui a les moyens de recharger une voiture électrique à la maison, sans se préoccuper du manque d’infrastructures publiques.

Peugeot en retard

Ce coup de force n’empêche pas Audi et Mercedes de montrer leurs dernières propositions électriques à Palexpo. Les deux marques ont fait le vœu pieu de se tourner vers des propulsions alternatives, les seules qui seront autorisées à rouler dans les grandes agglomérations du futur, le diesel et l’essence étant condamnés à échéance. D’autres ambitieux dévoilent des SUV silencieux, 100% électriques. A l’image du Coréen Hyundai et de son Kona doté d’une autonomie de 470 km.

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Fort de son 1,5 million de véhicules électrifiés vendus en 2017, Toyota multiplie aussi les nouveautés hybrides ou électriques au salon de Genève. Le constructeur en profite pour annoncer que son modèle Mirai à hydrogène sera disponible à la vente en Suisse dès le mois prochain. Même s’il n’y a encore qu’une poignée de stations de recharge à disposition sur le territoire.

Au total, plus de 110 premières mondiales et européennes sont annoncées au Geneva International Motor Show

La marque de luxe de Toyota, Lexus, montre la version définitive de son petit SUV hybride, l’UX. Honda propose la version mi-essence mi-électrique de son CR-V, le SUV le plus vendu au monde, commercialisé en Suisse à l’automne prochain. Avec son prototype Vision X, Skoda tente une curieuse motorisation hybride qui fonctionne aussi bien au sans-plomb qu’au gaz naturel. Peugeot, en retard comme Citroën dans la course forcée à l’électricité, devrait mettre quelques projecteurs sur une 208 à batteries lithium-ion.

Un pilote dans l’avion

Pour prendre de l’altitude, il faudra visiter le stand de la compagnie néerlandaise PAL-V. Elle annonce que sa voiture volante Liberty sera disponible l’an prochain, à des prix qui s’échelonneront entre 300 000 et 500 000 euros (licence de pilote d’avion obligatoire). Pour aller très vite, rien de mieux que de découvrir la McLaren Senna tout en fibre de carbone ou la Ferrari 488 Pista. Pour penser plus vite, la nouvelle Classe A propose un système multimédia qui intègre une intelligence artificielle. Celle-ci est capable d’apprentissage, notamment pour les commandes à reconnaissance vocale. Il sera même possible de parler en suisse allemand à la voiture.

Au total, plus de 110 premières mondiales et européennes sont annoncées au Geneva International Motor Show. Lequel attend près de 700 000 personnes. Ce qui en fait de loin, toujours et encore, la manifestation annuelle la plus visitée de Suisse.


88e Salon international de l’automobile, Palexpo-Genève, du 8 au 18 mars. De 10h à 20h en semaine, de 9h à 19h le week-end, www.gims.swiss

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