La ministre française de l’Economie, Christine Lagarde, a déclaré mercredi sa candidature au poste de directeur général du Fonds monétaire international (FMI). Cette annonce intervient à la veille de l’ouverture du sommet du G8 de Deauville où le président français Nicolas Sarkozy recevra les dirigeants des pays les plus puissants de la planète.

A l’occasion d’une conférence de presse organisée en fin de matinée, la ministre a a ainsi officialisé sa candidature à la succession de Dominique Strauss-Kahn, inculpé à New York pour crimes sexuels. «J’ai décidé de présenter ma candidature à la direction générale du Fonds monétaire international», a-t-elle affirmé. «Cette décision, je l’ai prise après mûre réflexion et en accord avec le président de la République et le premier ministre, qui me soutiennent totalement dans cette démarche», a-t-elle ajouté, assurant vouloir «recueillir le plus large consensus». «Je voudrais un FMI réactif, coopératif, légitime et équitable» assure-t-elle dans un communiqué aussitôt traduit en anglais (PDF).

Plusieurs grands pays européens, comme l’Allemagne, le Royaume-Uni ou l’Italie, se sont déjà prononcés en faveur de sa candidature, passant outre les possibles ennuis judiciaires qui guettent la ministre.

Etats-Unis et Japon temporisent

Jusqu’ici, les Etats-Unis, dont le soutien est crucial, et le Japon ne l’ont toutefois pas publiquement adoubée.

Introniser Christine Lagarde à Deauville risquerait d’en faire la candidate des pays riches au moment même où les cinq grands Etats émergents du groupe des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) ont protesté très officiellement mardi contre la volonté de l’Europe de conserver ce poste.

La justice française se prononcera le 10 juin

Après le G8, cette probable candidature devra encore surmonter des obstacles. La justice française pourrait en effet annoncer le 10 juin, jour même de la clôture des candidatures au FMI, si elle ouvre une enquête sur Christine Lagarde pour sa gestion controversée d’une affaire tentaculaire liée à l’homme d’affaires Bernard Tapie.

Cela ruinerait ses chances et pousserait in extremis ses soutiens actuels vers d’autres champions.