Goldman Sachs a annoncé mardi le meilleur trimestre de son histoire. De fin mars à fin juin, la banque d’affaires a réalisé un bénéfice net de 3,4 milliards de dollars ou 4,93 dollars par action, en hausse de 65% sur un an et de 89% par rapport au trimestre précédent. Jamais depuis son entrée en bourse en 1999, la banque sise au 85 Broad Street, à New York, n’avait réalisé un bénéfice aussi élevé. Son précédent record, 3,2 milliards, remonte au quatrième trimestre 2007.

Les résultats du deuxième trimestre sont nettement supérieurs aux attentes des analystes, qui tablaient sur un bénéfice par action de 3,65 dollars. Ils ont été alimentés par d’excellentes affaires dans le négoce et la souscription d’actions. Celles-ci ont permis au produit net bancaire de bondir de 46%, sur un an comme sur un trimestre, à 13,7 milliards.

Vente des actions ICBC

«Les marchés restent fragiles et les défis économiques nombreux, mais nos résultats bénéficient d’une amélioration des conditions sur les marchés financiers et de notre réputation», s’est félicité le directeur de la banque, Lloyd Blankfein. Un bénéfice de 948 millions de dollars issu de la vente de la quasi-totalité de sa participation dans la banque chinoise ICBC, pour 1,9 milliard, a également aidé à améliorer le résultat.

La banque a aussi pris plus de risques sur les marchés. Les revenus du négoce ont augmenté de 93% sur un an et de 51% sur un trimestre, à 10,8 milliards. L’activité a été solide dans les produits liés au crédit, aux taux d’intérêt et aux devises, ainsi que dans les dérivés sur actions. Par contre, les investissements dans l’immobilier et les hypothèques ont produit une perte de 1,2 milliard.

Dans les services de banque d’affaires, les revenus se sont montés à 1,4 milliard, en baisse de 15% sur un an mais en hausse de 75% par rapport au trimestre précédent. Quant à la gestion d’actifs, elle accuse un recul de 28% sur un an, mais une hausse de 6% sur un trimestre, à 1,5 milliard.

Rétributions en hausse

Ces excellents résultats ont permis à la banque d’augmenter ses rétributions de 41% par rapport au trimestre précédent ou de 47% sur an, à 6,7 milliards de dollars. L’action a ouvert hier en légère baisse, de 0,1% à 149,34 dollars. Cependant depuis son plancher à 52 dollars en novembre dernier, le cours a pratiquement triplé.

Ces résultats étaient très attendus avant la publication cette semaine des résultats d’autres banques, JPMorgan, Citigroup, Bank of America et Morgan Stanley. Les prévisions des analystes sont plutôt en demi-teinte.

Goldman Sachs fait figure d’exception dans un monde bancaire américain plombé par les pertes. La banque d’affaires est restée rentable durant la crise financière, à l’exception du quatrième trimestre 2008, marqué par une perte de 2,1 milliards. Elle est parvenue à rembourser avant ses concurrentes les 10 milliards de dollars reçus du programme d’aide du Trésor. Elle a également bouclé au deuxième trimestre une augmentation de capital de 5,8 milliards.