Croissance

James Buchanan-Michaelson: «Genève est d’une importance stratégique primordiale pour Barclays»

Contrairement à la majorité des banques étrangères basées en Suisse, Barclays considère le bout du Léman comme un hub financier mondial toujours plus attractif. A Genève, son directeur a pour mandat de renforcer sa présence en engageant de nouveaux collaborateurs

Barclays se réorganise. La banque cherche aujourd’hui à intensifier ses activités de gestion de fortune en Suisse, où elle est présente depuis plus de trente ans. Le leader britannique dit être bénéficiaire sur le marché helvétique. A l’écouter, le capital intellectuel qui s’y trouve compenserait largement les effets du franc fort. Un discours qui tranche avec l’attitude de ses concurrents, qui tendent plutôt à réduire les effectifs dans le pays. Les explications du directeur général de Barclays Suisse, James Buchanan-Michaelson.

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Le Temps: Quelles sont les ambitions de Barclays en Suisse?

James Buchanan-Michaelson: Notre directeur général, Jes Staley, a présenté l’an dernier le modèle qu’il souhaitait suivre. Il a été très clair: la gestion de fortune est prioritaire pour Barclays. Dans ce contexte, la Suisse reste un hub et Genève revêt une importance stratégique primordiale. C’est à la fois notre quartier général pour la clientèle individuelle très fortunée et un bassin de capital intellectuel et linguistique.

– Vous a-t-on assigné des objectifs précis à atteindre?

– Conformément à la réglementation britannique, nous sommes en train d’établir, depuis octobre dernier, une séparation claire entre nos activités nationales et internationales. En tant que filiale helvétique de la banque d’investissement, nous sommes appelés à jouer un rôle prépondérant dans la diversification du groupe.

– Le Brexit a-t-il quelque chose à voir avec cette volonté de vous renforcer sur le marché suisse?

– Non, notre stratégie de croissance en Suisse n’est pas dépendante du Brexit. Mais nous devons rester attentifs et suivre l’évolution de ce processus, sachant que le maillage de nos implantations en Europe nous permet d’aborder les différents scénarios possibles avec sérénité.

– N’avez-vous pas l’impression de faire le contraire de vos concurrents, qui ont plutôt tendance à réduire leurs effectifs en Suisse?

– Nous sommes confiants quant au potentiel du marché helvétique. Nous projetons d’y accroître de manière significative nos avoirs sous gestion, qui sont actuellement d’environ 11 milliards de francs. Ce qui implique d’engager du personnel.

– C’est-à-dire?

– Le programme articulé à l’échelle mondiale pour la gestion privée et nos services transfrontaliers tourne autour des 100 nouveaux employés. Mais nous n’avons pas encore arrêté de chiffre précis pour la Suisse, où nos effectifs sont d’environ 300 salariés [ndlr: contre quelque 400 collaborateurs il y a six ans], répartis entre Genève et Zurich.

– Quels sont vos marchés clés?

– Les pays du Golfe, comme l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, le Koweït et le Qatar. Mais aussi l’Afrique, où notre groupe a réduit son empreinte, mais sans que cela affecte de manière significative notre division de gestion privée. Nous concentrons également nos efforts sur la clientèle russe internationale.

– Vous ne ciblez donc pas la clientèle locale helvétique.

– Tous nos clients ont un lien avec le Royaume-Uni, que ce soit à travers l’immobilier ou en termes d’intérêt commercial, voire de formation. En Suisse, nous nous focalisons donc sur ces ressortissants étrangers vivant sur le territoire helvétique.

– Quelles leçons tirez-vous des Panama Papers?

– S’il y a un enseignement à retenir, c’est le suivant: ce n’est pas parce que l’on est titulaire d’un trust [ndlr: une activité que Barclays a vendue il y a deux ans, et qui comprenait 30 collaborateurs en Suisse] que l’on cache nécessairement de l’argent au fisc. En ce qui concerne notre groupe, il est parfaitement en règle avec les lois en vigueur.

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