Construction

Jan Jenisch sera le nouveau patron de LafargeHolcim

L’actuel directeur de Sika prendra les rênes du cimentier zurichois le 16 octobre. Il succède à Eric Olsen, qui a démissionné après le scandale en Syrie

LafargeHolcim a trouvé son nouveau directeur général. Jan Jenisch, actuel patron de Sika, va prendre les rênes du cimentier zurichois, numéro un du secteur, pour remplacer Eric Olsen qui a démissionné en avril dernier après les révélations d’actes répréhensibles du groupe en Syrie.

Jan Jenisch, 50 ans, entrera en fonction le 16 octobre, a indiqué lundi LafargeHolcim. Il dirigeait le groupe zougois de spécialités chimiques depuis janvier 2012. «Jan Jenisch est un dirigeant très respecté pour sa capacité à générer d’excellents résultats de manière régulière et apporte une connaissance approfondie du secteur des matériaux de construction», a commenté Beat Hess, président du conseil d’administration de LafargeHolcim, cité dans le communiqué. 

«Sous sa direction, Sika a développé ses activités sur de nouveaux marchés, tout en établissant de nouvelles références en termes de performance de vente et de rentabilité», poursuit LafargeHolcim. La capitalisation boursière du groupe a plus que triplé et la société a récemment fait son entrée au sein de l’indice SMI. 

LafargeHolcim enregistrait de solides gains lundi à la Bourse suisse, après la nomination d'un nouveau directeur général. Peu avant 10h00, le titre LafargeHolcim s'envolait de 6% à 57,7 francs. A la Bourse de Paris, le titre prenait près de 7%.

Successeur désigné chez Sika

Chez Sika, Jan Jenisch sera remplacé par Paul Schuler dès le 1er juillet. Ce dernier est actuellement le responsable de la région Europe, Moyen-Orient et Afrique (EMEA) de Sika. Agé de 62 ans, il travaille pour le groupe zougois depuis vingt-neuf ans, selon un communiqué séparé de Sika.

Dans la foulée, Sika confirme ses prévisions de croissance pour 2017, avec une hausse attendue du chiffre d’affaires de 6 à 8%. Le résultat opérationnel (EBIT) et le bénéfice devraient être légèrement supérieurs à ceux de l’année dernière.

Affaires syriennes

La nomination de Jan Jenisch chez Holcim devrait mettre un terme aux tensions qui ont secoué l’entreprise. Au terme d’une enquête indépendante, le groupe a confirmé il y a un mois que des erreurs ont été commises en Syrie.

En mars, le groupe avait admis avoir conclu des arrangements pour maintenir l’activité d’une cimenterie située à Jalabiya, à 150 kilomètres au nord-est d’Alep. La filiale locale, qui appartenait alors à Lafarge, avait remis des fonds à des tiers pour trouver des arrangements avec des groupes armés.

Après enquête, le conseil d’administration avait conclu qu’Eric Olsen n’était ni responsable, ni pouvant être considéré comme informé des actes répréhensibles identifiés. Le directeur avait néanmoins démissionné pour apaiser les tensions. Il quittera son poste à la mi-juillet.

Fusion

LafargeHolcim a dégagé un bénéfice net de 262 millions de francs au premier trimestre 2017, contre une perte nette de 47 millions un an auparavant. Le chiffre d’affaires du premier producteur mondial de ciment s’est affiché à 5,63 milliards de francs, soit 7,1% de moins qu’à fin mars 2016.

Présent dans 90 pays, le groupe né de la fusion du saint-gallois Holcim avec le français Lafarge en juillet 2015, dont le siège est à Zurich, emploie quelque 100 000 collaborateurs au niveau global. Eric Olsen, avant de prendre la direction générale du nouveau groupe, dirigeait les opérations de Lafarge en tant que directeur général adjoint.

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