Le conseil d’administration de la première compagnie aérienne japonaise, Japan Airlines (JAL), a opté mardi pour un dépôt de bilan du groupe criblé de pertes et de dettes. Le gouvernement a détaillé dans la soirée les mesures de redressement de la compagnie.

Ce dépôt de bilan n’empêchera pas la compagnie de continuer à voler, avaient assuré plus tôt plusieurs membres du gouvernement japonais. «Il est important que les opérations se poursuivent pendant que les restructurations ont lieu», a affirmé le ministre des Transports, Seiji Maehara. «Nous allons y contribuer sur tous les plans», a-t-il promis, visant à rassurer les passagers et fournisseurs de JAL affolés depuis des semaines par un déferlement d’informations officieuses concernant la santé du groupe.

Les autorités japonaises ont dévoilé un vaste plan de sauvetage pour JAL, qui passera par la suppression de 15’600 emplois, et l’injection de 300 milliards de yens d’argent public (3,4 milliards de francs), ainsi que de nombreuses cessions de filiales et l’abandon des routes les moins rentables.

En déposant son bilan, JAL bénéficiera des protections prévues par la loi japonaise sur les faillites, notamment à l’égard de ses créanciers. Un système similaire à celui du «Chapter 11» américain, qui permet aux entreprises en faillite de poursuivre leurs activités.

A la Bourse de Tokyo, l’action JAL a terminé la séance de mardi inchangée à 5 yens, après avoir chuté dans la matinée à un plancher historique de 3 yens. Les médias prédisent que JAL sera radiée de la Bourse de Tokyo sans que les actionnaires puissent récupérer leur mise, ce qui a fait s’effondrer le titre de plus de 95% depuis le début du mois. L’action continuait toutefois de trouver preneur auprès de spéculateurs, qui jouent sur des mouvements à très court terme ou parient sur l’infime probabilité que le titre reste coté après le dépôt de bilan.