Le ministre japonais des Finances, Yoshihiko Noda, a annoncé mardi que son gouvernement prévoyait d’acheter des obligations du Fonds européen de stabilité financière (EFSF) afin d’aider à stabiliser la zone euro, ont rapporté des médias.

«Il est approprié que le Japon, un pays important, achète une certaine proportion» des obligations que l’EFSF s’apprête à émettre, a expliqué le ministre lors d’un point presse, selon l’agence Jiji, ajoutant que cet achat nippon allait renforcer «la crédibilité» des titres européens.

Interrogé sur le montant que Tokyo était prêt à mettre sur la table, Yoshihiko Noda a évoqué «environ 20%» des fonds que les Européens vont lever, a ajouté le quotidien économique Nikkei.

L’euro a bondi dans la foulée de cette annonce, passant en quelques minutes de 1,2910 dollar à 1,2989 dollar à Tokyo. Il a ensuite perdu une bonne partie de ses gains et cotait 1,2940 dollar à 03h30 GMT, contre 1,2950 dollar la veille à 22h00 GMT à New York.

Les investisseurs ont «acheté des euros, sur le coup de la surprise» face aux commentaires inattendus du ministre japonais, a expliqué Yuji Saito, spécialiste du marché des changes au Crédit Agricole.

Selon lui, la monnaie unique européenne est ensuite vite revenue sur ses gains lorsque les opérateurs se sont rendu compte que Tokyo allait utiliser ses réserves en euros pour acquérir les obligations, ce qui signifie qu’aucun achat d’euros massif n’est à attendre.

L’EFSF, doté de 440 milliards d’euros de garanties des Etats de la zone euro, est le principal support du plan d’aide lancé au printemps 2010 par l’UE et le FMI pour voler au secours de la Grèce lourdement endettée, puis de l’Irlande.

Le 5 janvier, l’UE a émis 5 milliards d’euros sur les marchés, la première tranche d’un total de 17,6 milliards qu’elle envisage de lever en 2011 pour aider l’Irlande. Quatre à cinq émissions obligataires sont prévues dans le courant de l’année, dont 3 au premier semestre.

L’EFSF pourrait être prochainement mis à contribution pour soutenir d’autres pays européens en difficultés financières, comme le Portugal.

L’autre géant asiatique, la Chine, s’est déjà dit prêt à aider les économies européennes les plus exposées à une crise de la dette, promettant d’acheter directement des obligations d’Etat de la Grèce, du Portugal et de l’Espagne.