Electronique

Le japonais Sharp va être racheté par Hon Hai/Foxconn

L'ancien fleuron de l'électronique japonaise va être racheté par le taïwanais Hon Hai/Foxconn. Ce dernier détiendra 65,91% du groupe centenaire, qui a souffert de la concurrence sur les dalles LCD

Le conseil d'administration du groupe japonais Sharp a annoncé, jeudi 25 février, qu'il allait passer sous la coupe du géant taïwanais Hon Hai/Foxconn, confirmant ainsi des informations révélées plus tôt par les médias.

Dans des documents transmis à l'Agence des services financiers (FSA) et consultés par l'AFP, Sharp explique que Hon Hai et plusieurs de ses filiales vont acquérir la majorité de ses actions via une augmentation de capital.

L'action Sharp, qui avait été momentanément suspendue à la Bourse de Tokyo, plongeait de plus de 17% à la reprise de la cotation en raison du mode de rachat choisi qui dilue la part des actionnaires actuels.

Investir dans les nouvelles technologies

Selon les données contenues dans ces formulaires techniques, Hon Hai et plusieurs de ses filiales, dont Foxconn, vont détenir 65,91% de Sharp en acquérant les nouvelles actions que Sharp va émettre à leur attention pour un montant total de 484,3 milliards de yens (3,8 milliards d'euros). Cette somme devrait être complétée par une reprise de dettes, selon la presse.

Resteront ensuite au tour de table, mais avec des parts amoindries, les actuels actionnaires de Sharp que sont deux sociétés d'assurances, les banques Mizuho et Mitsubishi UFJ Financial Group, et la firme américaine de conception de puces Qualcomm.

L'argent ainsi levé sera utilisé pour divers investissements dans les technologies d'écrans, les techniques de connectivité d'objets à internet, l'intelligence artificielle, la bureautique et d'autres activités du groupe.

«C'est la première fois qu'un grand électronicien japonais va passer sous la coupe d'un industriel étranger», a notamment souligné la chaîne de télévision publique NHK.

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Sharp a gardé le mystère sur l'avancée des discussions, alors que le patron de Hon Hai/Foxconn, Terry Gou, n'a pas hésité il y a plusieurs jours déjà à prétendre devant les caméras que son offre était pour ainsi dire acceptée, que «le reste n'était que procédure».

Il avait même affirmé avoir obtenu un droit de négociations exclusives, ce que Sharp a ensuite démenti.

Situation financière catastrophique

Les deux se connaissent bien pour exploiter ensemble une usine de dalles-mères à cristaux liquides (LCD) au Japon, mais de précédentes négociations pour une entrée de Hon Hai au capital de Sharp avaient échoué il y a quelques années, ce qui a rendu le groupe nippon un peu méfiant vis-à-vis de son interlocuteur.

Pour cette raison, la direction de Sharp a jusqu'à présent insisté sur le fait qu'elle maintenait deux fers au feu: l'un avec Hon Hai, qui a proposé de racheter le groupe pour 700 milliards de yens, l'autre avec le fonds japonais INCJ, qui suggérait de restructurer Sharp en lui apportant un soutien de 300 milliards de yens assorti d'une annulation de dettes de la part des banques.

Sharp est tombé dans une situation financière catastrophique ces dernières années à cause d'une concurrence phénoménale sur les dalles LCD. Ses technologies de pointe n'ont pas suffi à lui faire conserver son avance commerciale.

Le groupe centenaire a compris qu'il était désormais incapable de se redresser seul, mais il s'est retrouvé placé devant un choix cornélien: passer sous pavillon taïwanais avec Hon Hai, ou être démantelé par un fonds semi-étatique qui souhaite le fusionner en partie avec une autre entreprise de LCD, Japan Display, qu'il a lui-même créée en 2012.

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L'action Sharp s'est mise à jouer au yo-yo dans les minutes suivant les informations des médias, descendant un temps à 165 yens (-5,17%) avant de remonter à 181 yens (+4,02%).

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