Le conseil d'administration de Gétaz Romang a nommé Jean-Jacques Miauton au poste de directeur général. Actuel directeur commercial et actionnaire majoritaire, il remplace Hermann Fluckiger au 1er juillet 2004. Ce dernier, qui prend sa retraite, a passé quinze ans à la tête du groupe. Cette nomination survient alors que le distributeur vaudois de matériaux de construction a entamé une phase de restructuration l'année dernière pour répondre à la forte concurrence étrangère, particulièrement celle de l'allemand Hornbach.

Le Temps: Principal actionnaire, aujourd'hui directeur général, peut-on affirmer que vous êtes seul maître à bord?

Jean-Jacques Miauton: J'occupe un poste important au plan opérationnel, c'est vrai. Mais le conseil d'administration est libre d'accepter ou de refuser les stratégies que je propose.

– Comment fonctionnez-vous?

– Je travaille avec une garde rapprochée d'une quinzaine de personnes, à laquelle appartiennent le nouveau directeur financier, Jean-Yves Bieri, et les responsables des principaux départements (informatique, chaîne d'approvisionnement). Je me suis appliqué à rajeunir les cadres en engageant des personnes provenant de la grande distribution.

– Pourquoi la grande distribution?

– C'est notre métier de base. Les cadres formés à la grande distribution amènent des idées novatrices, par exemple en matière de gestion de la chaîne d'approvisionnement. Cela s'avère déterminant pour contrer la concurrence étrangère.

– Justement, craignez-vous ces concurrents européens aux prix attractifs?

– J'ai déjà connu avec l'entreprise Miauton, «fusionnée» avec Gétaz Romang en 1999, l'entrée de concurrents étrangers en Suisse. Ces implantations n'impliquent pas forcément que nous perdions des parts de marché. Gétaz Romang en a d'ailleurs gagné l'année dernière.

– Vos marges se sont retrouvées sous pression?

– Effectivement. D'où l'importance des mesures de restructuration et de création de la holding, des licenciements à Neuchâtel, des raccourcissements des processus internes – destinées à stopper leur érosion.

– Imaginez-vous vous implanter hors de Suisse?

– Cela ne fait pas partie de nos objectifs. Tant Miauton que Gétaz Romang avaient tenté l'expérience, mais ces velléités n'ont pas donné les résultats escomptés. Nous avons encore des parts de marché à acquérir en Suisse.