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Jeannine Pilloud pilote la transition numérique dans les transports publics.
© Cyril Zingaro/Keystone

Innovation

Jeannine Pilloud: «Nous voulons simplifier la billetterie»

La présidente de CH-direct, ancienne cheffe du trafic voyageurs aux CFF, se consacre entièrement aux changements qui attendent la branche des transports publics

Directrice du trafic voyageurs aux CFF jusqu’à la fin de l’année dernière, la Zurichoise Jeannine Pilloud se consacre désormais au développement de la branche des transports publics. Elle préside l’association faîtière CH-direct, qui pilote la transition numérique pour l’ensemble des 248 entreprises concessionnaires.

Lire aussi: La vignette autoroutière et les billets de train changent d’époque

Le Temps: Comment définissez-vous la mue numérique que subit la branche des transports publics?

Jeannine Pilloud: Nous en avons tous sous-estimé l’ampleur. J’ai fait le choix de m’y consacrer et de délaisser ma précédente fonction de cheffe du trafic voyageurs, que j’ai occupée pendant sept ans. Il aura fallu six ans pour développer la plateforme Nova, dont le SwissPass est une composante centrale. L’objectif est de réaliser la prochaine étape de la digitalisation dans le domaine des transports publics, d’introduire par exemple une carte SwissPass anonyme, d’harmoniser les appareils de contrôle électronique des titres de transport et de procéder aux adaptations nécessaires le plus rapidement possible. Il serait par exemple possible d’intégrer rapidement la vignette électronique dans cette plateforme, si cette volonté existe.

N’aura-t-on un jour plus que des billets numériques?

L’objectif est d’automatiser le plus possible la billetterie et de la simplifier pour les clients. La plateforme Nova sera prête à fin 2018. On pourra alors définitivement mettre au rebut les logiciels vieux de trente ans avec lesquels nous travaillons encore. La branche devra alors décider quelles données sont à disposition pour élargir la palette de prestations gérées par cette plateforme. Plus de 5 milliards de francs de chiffre d’affaires vont transiter par celle-ci. C’est un gros volume. Nous plaçons notamment de grands espoirs dans les applications qui permettent d’identifier le début et la fin du parcours emprunté par les usagers. Avec la digitalisation, nous voulons individualiser l’offre pour la clientèle, sans la complexifier.

Nous souhaitons que les clients s’interrogent sur leurs usages. S’ils sont d’accord de nous fournir des données sur leurs habitudes de déplacement, nous pourrons leur fournir des conseils

Deux projets pilotes sont en concurrence: Lezzgo et Fairtiq. Cette concurrence est-elle utile?

Le contrôle de l’entrée et de la sortie nécessite une connexion au système de base et le recours à la géolocalisation, sans qu’il soit nécessaire d’installer des bornes à bord des trains et des bus. Avec les projets pilotes de ces deux partenaires, la branche pourra voir si les prix sont justes, si les parcours enregistrés sont corrects et si le public accepte cette technologie. Nous devons garantir à chaque entreprise qu’elle y trouve son compte et ne perde pas d’argent. Il faudra aussi que la partie technologique puisse être certifiée. Pour cela, nous avons besoin de nombreux tests. Nous allons communiquer à ce sujet en mars.

L’abonnement général n’est-il pas menacé à terme?

L’AG tel que nous le connaissons a encore un bel avenir devant lui. Nous devons prendre soin de ceux qui en possèdent un et ont l’habitude de voyager confortablement, sans souci de réservation ou d’achat de billet. Mais la digitalisation nous offre de nouvelles possibilités. Nous souhaitons que les clients s’interrogent sur leurs usages. S’ils sont d’accord de nous fournir des données sur leurs habitudes de déplacement, nous pourrons leur fournir des conseils pour qu’ils voyagent à des heures moins chargées ou réservent leur place lorsque la demande est forte. Mais c’est délicat, nous en sommes conscients. Nous prenons la protection des données très au sérieux.

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