Depuis quelques semaines, les marchés actions peinent à poursuivre le rallie de reflation initié à l’été 2016. Il est vrai que les niveaux d’évaluation ont de quoi refroidir les ardeurs acheteuses, spécialement aux USA. En outre, ceux qui avaient misé sur le «phénoménalo-fantastique» pouvoir de Donald Trump à imposer ses réformes au Congrès ont dû revenir à la raison, au regard de la cacophonie qui caractérise les premiers mois de la présidence. Les espoirs suscités par les tweets et autre discours relevant de la méthode Coué ont cédé la place au réalisme: le temps des réformes sera long.

La progression des bourses a subi un temps d’arrêt en mars. Les signes d’une inflexion possible de la volatilité, qui demeure à des niveaux «exceptionnellement» bas, sont encore tenus. Tout se passe comme si les opérateurs étaient simplement entrés dans une phase d’attente.

Signaux positifs

Des chiffres économiques qui pointent dans le sens d’une accélération de la croissance mondiale, les premiers signes que l’inflation devrait demeurer sous contrôle – après une nette progression au cours des derniers mois – et la confirmation que les bénéfices des entreprises ont connu une inflexion positive au quatrième trimestre 2016 ont contribué à limiter les dégâts sur les bourses.

En outre, il est certain que les obligations font désormais l’objet de toutes les interrogations, au regard de politiques monétaires moins favorables, à commercer par celle de la Réserve Fédérale. De quoi continuer à alimenter des sorties de fonds de l’obligataire, qui pourraient trouver le chemin des marchés boursiers. Ce dernier argument est régulièrement invoqué pour justifier le fait que les investisseurs conservent une attitude constructive à l’égard des actions. Le temps dira si cette affirmation est pertinente.

Signaux avant-coureurs

Dans un tel contexte, il y a un facteur qu’il faut observer de près, c’est celui des volumes échangés sur les marchés actions. En effet, il est intéressant de relever que ces derniers ont eu tendance à régresser depuis la mi-mars. Un élément qui tend à prouver que les investisseurs n’ont pas envie de «sauter sur n’importe quelle occasion» pour investir en bourse.

Certains en tirent des conclusions nettement moins favorables: la baisse des volumes échangés serait un signe avant-coureur que le rallie boursier arrive à son terme et qu’une consolidation des gains importants des deux derniers trimestres est imminente. Il est vrai que, historiquement, la baisse des volumes n’a pas constitué une bonne nouvelle pour les investissements boursiers. L’argument en vaut un autre mais il justifie à notre avis de porter une attention particulière aux volumes au cours des prochaines semaines, avant de se déterminer sur l’opportunité d’investir une partie de son patrimoine sur les marchés actions.