INVESTISSEMENT

La jeune société Airesis affiche ses ambitions

Le repreneur de HPI Holding, basé à Clarens, gère un portefeuille d'actifs supérieur à 200 millions de francs.

Les entreprises suivent parfois d'étonnants méandres. Certains Vaudois se souviennent de Hermes Precisa dont l'usine d'Yverdon produisait des machines à écrire à la robustesse légendaire, qui séduisirent notamment Hô Chi Minh. Le guérillero vietcong s'en servait, dit-on, dans la jungle d'où il combattait l'ennemi américain. Etouffée par le triomphe de l'ordinateur, Hermes Precisa est devenue HPI Holding SA, une société de participations cotée en Bourse qui s'est risquée, au mauvais moment, dans les nouvelles technologies. C'est en fait une coquille vide qui a été reprise l'automne dernier par deux gros investisseurs, le milliardaire français Robert Louis-Dreyfus (Saatchi & Saatchi, Adidas, Neuf Telecom) et le Jurassien Yves Marchand, président d'Adidas France et ex-PDG de l'Olympique de Marseille (dont Robert Louis-Dreyfus est le principal actionnaire).

190 millions de francs dans l'immobilier

Ils détiennent aujourd'hui 90% du capital de l'ancienne HPI Holding, rebaptisée Airesis par les actionnaires le 28 février dernier. La nouvelle société d'investissement, basée à Clarens, s'est adjoint les compétences de plusieurs professionnels. Son conseil d'administration est présidé par Philippe Erard, actuel partenaire de la société de management intérimaire Top Fifty après avoir dirigé une multinationale sud-américaine cotée à New York. Il comprend encore Mauro Saladini, directeur financier de Kudelski, et Marc-Henri Beausire, un ancien de Credit Suisse.

Airesis («choix», en grec ancien) investit dans deux secteurs. Le premier, représentant les deux tiers de ses actifs, consiste en un parc immobilier d'environ 190 millions de francs dont l'essentiel se trouve sur l'Arc lémanique. «Nous investissons dans des immeubles résidentiels moyen de gamme ayant un bon potentiel d'amélioration, et les gérons de manière active, dans une perspective de long terme. Nous cherchons d'abord un bon rapport qualité/prix, gage d'un taux d'occupation élevé», précise Christophe Morize, directeur exécutif.

L'autre secteur est le «private equity», où Airesis pratique aussi une approche sélective et active. «Nous prenons la majorité des sociétés où nous investissons et nous nous impliquons fortement dans leur conduite, au moins dans la phase de démarrage», dit Christophe Morize. Elles sont actuellement au nombre de trois. D'abord le fabricant de jouets Ouaps!, une start-up qui vise l'équilibre financier en 2005 avec un chiffre d'affaires de 15 millions de francs, réalisé à 90% en France. L'originalité de l'entreprise consiste à introduire des éléments de technologie avancée dans des jouets classiques et à désaisonnaliser ce marché très cyclique.

Le deuxième investissement concerne Boards & More, leader mondial des planches à voile et autres «kite surfs» avec un chiffre d'affaires global de 70 millions réalisé par des marques telles que Mistral, F2 ou Fanatic. Le domaine du sport et de ses dérivés textiles est clairement un des marchés de niche que vise Airesis. Celle-ci soutient enfin le développement de Fidexpert, un réseau de fiduciaires romandes.

«Idéalement, nous aimerions avoir quatre ou cinq dossiers de ce type en portefeuille, dit Philippe Erard. Nous préférons en gérer peu, mais bien, en nous concentrant notamment sur la valorisation de marques reconnues.» Airesis, qui publiera ses premiers résultats vendredi soir, souhaite ouvrir à terme 25% de son capital à des investisseurs extérieurs.

Publicité