Le dilemme du prisonnier. Nicolas Eber. Repères n° 451, La Découverte, 122 p., 18 francs

Connaissez-vous le dilemme du prisonnier? Sans le savoir, vous vous êtes pourtant sûrement déjà retrouvé(e) dans cette situation. Même si vous ne vous êtes jamais retrouvé au poste de police ou à Champ-Dollon.

Il s'agit en fait d'une vieille théorie économique (1950) très utilisée pour décortiquer le comportement des acteurs économiques, entreprises, consommateurs et pouvoirs publics. Et dont Nicolas Eber rappelle à la fois le principe et les derniers développements.

«Deux complices coupables d'un délit sont arrêtés sur les lieux d'un forfait et interrogés séparément par la police», explique l'auteur. Chacun est prévenu que: 1. si l'un des deux dénonce l'autre alors que l'autre se tait, il est libre; le second écopera de 5 ans de prison; 2. si les deux se dénoncent, ils seront condamnés à trois ans ferme; 3. s'ils se taisent, ils n'auront qu'une année à passer derrière les barreaux.

Qu'ont-ils alors intérêt à faire? Dilemme! En coopérant, ils n'écopent que d'une année. En se comportant de manière individualiste, les deux vont dénoncer l'autre (espérant ne pas faire de prison), pour finalement se retrouver au trou pendant trois ans.

Voilà pour la théorie. Dans la pratique, «les hommes ont une tendance naturelle à coopérer, y compris avec de parfaits inconnus», rappelle l'auteur.