Loisirs

Des jeux de société suisses dans les rayons américains

La réalité virtuelle n’a pas ringardisé les jeux de plateau. L’éditeur Helvetiq noue un partenariat de distribution aux Etats-Unis. Un pays où il a déjà écoulé 35’000 jeux

Helvetiq part à la conquête de l’Ouest. L’éditeur de jeux de société – désormais basé à Bâle – a noué un partenariat de distribution avec Toysmith, également producteur et distributeur de marques sélectionnées, qui compte quelque 7000 points de vente sur le territoire américain.

Depuis août, les jeux IQ et The Mazins sont disponibles dans les rayons de la chaîne de librairies Barnes and Nobles, la plus grande du pays. D’ici à fin septembre, 12 nouveaux jeux seront disponibles aux Etats-Unis. Helvetiq, qui exportait déjà sur ce marché via d’autres canaux, a écoulé 35’000 jeux sur le territoire américain cette année.

«Tout le monde veut faire l’app définitive»

Les jeux de société n’ont ni été tués par les jeux vidéo ni ringardisés par la réalité virtuelle. Pour le fondateur d’Helvetiq, Hadi Barkat, ils seraient même en train de vivre un second souffle. Le Vaudois cite les exemples de Carcassonne ou des Colons de Catane, deux titres qui se sont vendus à des millions d’exemplaires.

Ingénieur informatique, ce diplômé de l’EPFL a pourtant le profil idéal du start-uper. Mais le secteur tech compte plus d’appelés que d’élus. «Tout le monde veut faire la killer app (l’app définitive ndlr.) à la Angry Birds. C’est comme ces jeunes qui se lancent dans le foot et veulent tous devenir Messi ou Ronaldo.»

L’histoire d’Helvetiq débute presque «par hasard» avec le lancement d’un jeu éponyme qui permet de tester ses connaissances de la Suisse. Une idée née lors du processus de naturalisation de Hadi Barkat, algérien d’origine. Le titre se révèle un franc succès et s’écoule à plus de 30’000 exemplaires. Des chiffres dépassés par la suite par la gamme des quizz IQ, déclinés par villes, pays ou disciplines.

Croissance de 50%

Helvetiq – huit employés – affirme générer une croissance de 50% sur les 12 derniers mois (chiffre d’affaires non communiqué). Les limites du marché suisse poussent rapidement l’entreprise vers l’étranger où elle est déjà présente sur 12 marchés. En moins d’un an, les Etats-Unis se sont déjà érigés comme le principal débouché. Sur les 85’000 jeux exportés par Helvetiq, près d’un sur deux l’est aux Etats-Unis.

«En Suisse, si vous vendez 2000 exemplaires d’un jeu, vous êtes déjà contents. A 5’000 c’est génial, exemplifie Hadi Barkat. Les Etats-Unis sont le marché au plus fort potentiel pour les jeux de société.» Les grands distributeurs ne sont pourtant pas au meilleur de leur forme. En atteste la situation du géant du jouet américain Toys «R» Us, qui cumule six années consécutives de pertes pour une dette de 5 milliards de dollars, selon les données Bloomberg.

La plateforme Amazon qui – dans le tournant des années 2000 s’était engagé à opérer le site web du distributeur pour 10 ans – est aujourd’hui devenue son plus grand concurrent. Pour tous les producteurs de jeux aux Etats-Unis, Amazon est devenu «incontournable», confirme Hadi Barkat, qui compte également sur le réseau de Toysmith dans les universités américaines pour écouler ses jeux auprès des étudiants. Ce sont les «plus grands fans de jeux de société tout en étant les plus accros aux smartphones».

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