«Ecopop menace nos projets»

Le Temps: Quelle est votre analyse de l’affaire de l’indemnité de départ de 72 millions de francs promise à Daniel Vasella, qui a précipité sa démission?

Joerg Reinhardt: Je n’ai pas participé à ces décisions, qui reposent, à la base, sur un contrat signé peu après la création de Novartis. Les clauses de non-concurrence qui figurent actuellement dans les contrats de la société sont suffisantes pour protéger l’entreprise de tout conflit d’intérêts potentiel. Je ne pense pas que des arrangements particuliers soient nécessaires pour les membres de la direction ou du conseil d’administration.

– Comment cela s’est-il passé lors de votre retour à Novartis après votre passage chez Bayer?

– A cause de la clause de non-concurrence, j’ai dû observer une période de six mois d’attente, sans indemnité de départ, avant de pouvoir rejoindre Novartis.

– Si le peuple suisse accepte l’initiative Ecopop, est-ce que Novartis continuera à investir en Suisse?

– L’acceptation de l’initiative sur l’immigration, le 9 février, est déjà un pas dans la mauvaise direction. Il est extrêmement important pour Novartis de pouvoir continuer à recruter des talents internationaux qui viennent travailler en Suisse. Si cela devient très difficile ou impossible à l’avenir, à cause de l’initiative Ecopop, nous devrons repenser notre engagement et les futurs investissements de Novartis en Suisse.

– La planification du campus de Novartis à Bâle, conçu pour accueillir 10 000 personnes, contre 8000 aujourd’hui, est-elle toujours valable?

– Je fais confiance au peuple suisse pour prendre la bonne décision dimanche, ce qui nous permettra de poursuivre nos projets en Suisse.

– Est-il exact que vous avez été victime, il y a une trentaine d’années, en tant que ressortissant allemand, de la politique suisse des quotas d’immigration?

– Effectivement. Lorsque j’ai commencé à travailler pour Sandoz, je n’ai pas pu concrétiser mon projet de m’installer en Suisse. Je réside donc depuis lors dans un petit village allemand proche de la frontière suisse.