Johann Schneider-Ammann a débuté mercredi une mission de cinq jours à San Francisco et à Washington DC, en compagnie d’une vingtaine d’hommes d’affaires et de la science. Le ministre de l’économie dit s’être renseigné, dans l’avion qui a décollé dimanche matin de Zurich, toutes les trente minutes de l’issue du vote du peuple grec.

Le Temps: Quelle est votre appréciation de la situation?

Johann Schneider-Ammann: Nous prenons acte de la décision du peuple grec. La situation critique dans laquelle se trouve la zone euro et l’appréciation de cette devise par rapport au franc nous montre l’importance de diversifier nos marchés d’exportation. Actuellement, deux tiers de nos exportations sont dirigées vers la zone euro, ce qui est beaucoup. Il nous faut soigner nos relations avec d’autres partenaires, comme les Etats-Unis. C’est ce que je fais avec cette mission en Californie et à Washington. Ce pays est déjà notre second marché d’exportation. La mise en place d’un accord de libre-échange avec la Chine a aussi été très importante. Il nous faut continuer cet effort, notamment avec le TTIP.

Le Conseil fédéral a-t-il un plan B si le franc devait s’apprécier davantage par rapport à l’euro?

Non, et je l’ai déjà dit par le passé: nous observons la situation et réagirons, s’il le faut, par l’amélioration des conditions-cadres. Mais la Banque nationale suisse (BNS) est indépendante et a le contrôle de la politique monétaire, à elle d’agir si elle le juge nécessaire. La pression sur le franc va peut-être s’accentuer, la BNS pourrait du coup apprécier à nouveau la situation.

Mais allez-vous discuter avec les représentants de la BNS?

Pour l’heure, nous observons la situation. Si la BNS devait décider d’agir, elle en informerait le Conseil fédéral. Mais j’insiste sur son indépendance.