Après le discours inaugural du président chinois Xi Jinping, la première journée du Forum économique de Davos a aussi été marquée par la dernière apparition de John Kerry. Esquissant son bilan de quatre années à la tête de la diplomatie américaine, le secrétaire d’État sortant a insisté sur le rôle international des Etats-Unis et mis en garde contre les solutions simplistes. Tout en soulignant l’intérêt de certaines mesures que compte prendre l’administration Trump.

La technologie, danger pour les emplois

Les interventions de Xi Jinping et de John Kerry ont parfois résonné l’une avec l’autre, mardi au WEF. En particulier lorsque le président chinois a soutenu le commerce mondial dans son discours inaugural du matin, tandis que le futur ex-Secrétaire d’État, intervenant dans l’après-midi, a réfuté l’idée que «les échanges internationaux soient le principal coupable» dans la montée de «l’anxiété» dans le monde du travail.

Une écrasante majorité des empois détruits aux Etats-Unis le sont à cause de la technologie, a expliqué l’ancien sénateur, qui s’est dit «curieux de voir comment la nouvelle administration va gérer l’importance croissante de l’intelligence artificielle».

Déclinaison dans le reste du monde

John Kerry s’est en revanche montré beaucoup plus positif à propos d’une des mesures phare du nouveau président Trump, qui prêtera serment ce vendredi: «Chaque milliard de dollars investi dans les infrastructures se traduit par la création de 27 000 à 30 000 emplois». Non seulement les besoins en nouveaux équipements sont criants aux Etats-Unis, mais les conditions économiques du moment sont favorables: les taux d’intérêt bas allègent le coût du financement et des capitaux privés peuvent également être mobilisés.

Le Secrétaire d’État va même plus loin: cette politique économique pourrait être répliquée ailleurs dans le monde. Pour les mêmes bienfaits économiques et parce que les Etats-Unis demeurent «le pays indispensable», a-t-il affirmé, reprenant l’expression de Madeleine Albright, secrétaire d’État dans l’administration Clinton entre 1997 et 2001. Un pays qui possède «une économie prospère et dont les valeurs sont partagées par un grand nombre d’autres nations, ce qui lui confère une responsabilité».

Héritage pas menacé

Ce rôle international, que John Kerry a eu «le privilège» d’exercer, explique que les Etats-Unis «n’ont jamais été aussi engagés» sur le plan international qu’ils ne le sont actuellement. A l’heure du bilan, le chef de la diplomatie américaine ne croit pas que tout ce qu’il a accompli ou mis en route sera remis en question par la nouvelle administration, citant la solution de deux Etats israélien et palestinien, l’accord sur le nucléaire iranien ou le règlement – prochain, selon lui – de la crise syrienne.