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John D. Rockefeller, fondateur de la société Esso

L'Américain fut l'un des symboles du capitalisme sauvage qui s'effondrera en 1911

Au lendemain de la guerre de Sécession (1861-1865), les Etats-Unis s'appliquent à rebâtir leur économie. Passé une période de «reconstruction», le pays renoue avec la prospérité inaugurant une ère marquée par l'affirmation de grands entrepreneurs. Les noms de Carnegie – dans le domaine de l'acier – ou Vanderbilt – dans les chemins de fer – dominent des industries naissantes.

Une guerre impitoyable

John D. Rockefeller est de ces hommes, symbole d'un capitalisme «sauvage». Né en 1839, il débute à seize ans comme aide-comptable. Puis il fonde sa première société active dans le négoce. Le forage d'un premier puits de pétrole aux Etats-Unis, en 1859, attire son attention. L'ambitieux Rockefeller installe, quatre ans plus tard, une raffinerie à Cleveland (Ohio). Soucieux de maintenir des coûts salariaux bas, il réinvestit constamment ses profits. Cette attitude lui permet de fonder, en 1870, la Standard Oil, S.O. prononcé «Esso».

Le pétrole devient, à cette époque, l'objet d'une guerre impitoyable. A l'étude de la structure des coûts du secteur, l'industriel sait l'importance du transfert de sa production. Afin de poursuivre l'expansion de son empire – devenu un trust en 1882 –, il rachète ou fusionne avec les raffineries du pays et obtient des rabais sur les transports afin de ruiner ses concurrents. «La survie du plus fort, l'œuvre de la loi de la nature et la loi de Dieu» réglementent, selon Rockefeller, le marché. La Standard Oil contrôle la plus grande partie de l'industrie pétrolière américaine. En chiffres, le monopole représente, au début du siècle, 34 filiales directes employant 65 000 personnes. Théodore Roosvelt, élu à la présidence en 1901, se décide à rompre avec le conservatisme passif de ses prédécesseurs. Il inaugure la lutte contre cette «course à la richesse […] usant de procédés illégaux et malhonnêtes». Ces excès du libéralisme menacent, selon lui, une Amérique construite sur le culte de la «libre entreprise». Se référant à la loi Sherman antitrust (1890), le gouvernement engage un procès contre le trust des pétroles. La Cour suprême des Etats-Unis déclare, le lundi 15 mai 1911, que le groupe des pétroliers a violé cette loi en constituant un monopole. L'arrêt ordonne la dissolution dans les six mois, en vertu du principe de la liberté de commerce, de la Standard Oil.

Les autorités imposent un éclatement par zones géographiques des sociétés pétrolières débouchant sur la création de Mobil, Exxon ou Chevron (en tout, 34 sociétés sont issues de cet empire). Les convictions de Roosvelt permettent le renforcement de la législation antitrust préparant l'adoption de la loi Clayton (en 1914).

«Aucune entreprise n'est

au-dessus de la loi»

Ce démantèlement n'est pas sans rappeler les récentes conclusions de la justice américaine à propos d'un autre géant. S'appuyant sur la même législation, un premier jugement a en effet établi, le 5 novembre dernier, la position de monopole de Microsoft. Ainsi au même titre que la Standard Oil, ce que le juge a dénoncé ce n'est pas la situation de monopole qui, en soi, n'est pas illégale mais le fait d'y parvenir par des moyens frauduleux – mise en place de barrières d'entrée très élevées, en l'occurrence. L'abus de cette position dominante limite la concurrence et étouffe l'innovation, portant préjudice aux consommateurs. Suite à ces conclusions – verdict définitif attendu pour le printemps 2000 –, l'attorney général Jay Reno (ministre de la Justice) s'est appliqué à rappeler que, aujourd'hui encore, «aucune personne ni aucune entreprise n'est au-dessus de la loi aux Etats-Unis.»

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