Le leader mondial des produits médicaux et paramédicaux destinés aux professionnels de la santé et au grand public Johnson & Johnson déménage deux de ses filiales américaines pour les implanter au Locle. Au travers des entreprises Codman et DePuy ACE, 150 emplois seront créés dans les trois à cinq années à venir. L'information est accueillie avec enthousiasme dans le canton de Neuchâtel.

Johnson & Johnson confirme en la circonstance son choix de travailler dans les Montagnes neuchâteloises initié en 1991. La compagnie américaine avait alors repris la petite entreprise Medos, qui avait mis au point une valve hydrocéphalique révolutionnaire.

L'entreprise comptait cinq emplois à l'époque, elle a recours aujourd'hui à une centaine de collaborateurs.

Plus de 90 000 employés dans 51 pays

En 1996, Johnson & Johnson crée au Locle une autre filiale, Cordis, spécialisée dans la fabrication de cathéters. Victime de la concurrence, l'entreprise fait long feu: au printemps 1998, elle laisse sur les carreaux quelque 80 personnes.

La firme américaine a pourtant gardé les locaux de Cordis. Aujourd'hui, elle décide de les réaffecter à deux nouvelles filiales. L'une, Codman, travaillera en étroite collaboration avec Medos pour fabriquer des produits de neurochirurgie.

Une cinquantaine d'emplois s'ajouteront à la centaine de Medos. En parallèle, Johnson & Johnson implante une succursale de DePuy ACE, susceptible de générer une centaine d'emplois dans la fabrication de vis, de broches et de plaques, utilisées en orthopédique à la suite de traumatismes osseux.

Johnson & Johnson qui emploie plus de 90 000 personnes dans 51 pays, dont 1200 dans ses 8 filiales en Suisse, ne crée pas de nouvelles succursales dans les Montagnes neuchâteloises.

La compagnie déménage deux entreprises de Boston et de Los Angeles au Locle. Pourquoi? «Medos a fait étalage de sa remarquable qualité technologique, explique son directeur Dominique Legros. L'Arc jurassien présente des avantages prépondérants: une main-d'œuvre très qualifiée, des écoles techniques de haut niveau et des sous-traitants très habiles dans l'usinage de précision et les microtechnologies.»

Neuchâtel se félicite aujourd'hui d'avoir cru dans la loyauté de Johnson & Johnson, qui revient avec deux nouveaux projets fiables. «Cordis devait entrer dans un marché incertain. Aujourd'hui, avec Codman et DePuy ACE, nous savons que le marché est établi», rassure Dominique Legros. Evidemment, Karl Dobler de la Promotion économique neuchâteloise est d'un enthousiasme débordant.»

Avec Johnson & Johnson, nous réalisons une combinaison parfaite entre un secteur de pointe et stable, la santé, et notre atout principal, la microtechnique.

Un des piliers de l'économie neuchâteloise

L'entreprise dispose d'un marché mondial et nous propose une industrie technico-médicale: voilà un fabuleux projet. Karl Dobler s'emballe: «Le technico-médical doit devenir un des piliers porteurs de l'économie neuchâteloise. Avec Intermedics au Locle et maintenant Johnson & Johnson, nous avons des locomotives.»

L'arrivée de filiales de la compagnie américaine est aussi une aubaine pour nombre de sous-traitants régionaux de la microtechnique.

Ainsi, Medos travaille déjà aujourd'hui avec une vingtaine d'entreprises partenaires dans l'ensemble de l'Arc jurassien. Autre atout souligné par Karl Dobler: «Johnson & Johnson n'amène pas seulement son industrie de pointe. Elle est source d'émulation technologique en collaborant avec les Hautes écoles et les instituts de recherches.»

Le développement des activités de Johnson & Johnson apporte aussi une bouffée d'oxygène bienvenue à la ville du Locle, qui est passée sous la barre des 11 000 habitants et qui affiche un taux de chômage de 5,4%.