Jomed annonce la vente des secteurs d'activité «ultrason intravasculaire» et «mesures fonctionnelles» à l'entreprise californienne Volcano Therapeutics. Avec cette transaction, le démantèlement de la société néerlandaise de technologie médicale, déclarée en faillite le 2 mai, est pratiquement achevé.

Il y a trois ans, l'action de Jomed était cotée à plus de 100 francs à la Bourse suisse SWX. Aujourd'hui, elle se situe juste au-dessus de 10 centimes et, d'ailleurs, l'administrateur néerlandais de la faillite a demandé sa décotation. SWX l'a autorisée ce lundi, et le titre Jomed sera traité pour la dernière fois le 30 septembre.

Un démantèlement progressif

En janvier, on apprenait dans un premier temps que les comptes 2001 de l'entreprise, qui bénéficiait d'une haute réputation pour sa technologie innovatrice, avaient fait l'objet d'une petite manipulation contestable, puis, dans un second temps, qu'une série de falsifications délibérées entachait l'ensemble des données publiées pour 2001 et 2002.

Mise en sursis concordataire, Jomed commença à vendre des secteurs marginaux d'activité et de recherche dès le mois de février. Ses négociations avec les créanciers ayant échoué, malgré une proposition suisse de refinancement, elle fut mise en faillite le 2 mai. Elle céda alors à l'Américain Abbott sa principale source de revenus, la mise au point et la production de «stents» (tubes grillagés miniaturisés à introduire dans les vaisseaux sanguins). Tout en annonçant la vente de cette activité pour 80 millions d'euros, la société néerlandaise faisait alors savoir que des négociations sur la vente de ses entités d'IVUS (visualisation par ultraviolet) et d'instruments de mesure fonctionnelle étaient en cours.

Ces activités ont maintenant été acquises, pour un montant non communiqué, par Volcano, société de technologie médicale californienne créée en 2001, qui reprend également 400 collaborateurs de la firme en faillite, dans la recherche et la production, ainsi que dans la vente. De Jomed, dont les actifs à fin 2002 ont été estimés pro forma à 187 millions d'euros, il ne reste ainsi pratiquement plus qu'une coquille vide.