«Le développement de la fintech suisse est «impressionnant», a déclaré Alisée de Tonnac, directrice de Seedstars, l’une des 30 personnes les plus influentes au monde au sein des entrepreneurs sociaux (selon Forbes), lors de la conférence Horizon 2017, organisée par Vontobel, l’IMD et Le Temps, mardi à Lausanne.

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«Face aux incertitudes géopolitiques, la Suisse profite de l’élection de Donald Trump et de l’intérêt réel signalé par de nombreux talents pour quitter les Etats-Unis et immigrer en Suisse», a annoncé Jurgi Camblong, directeur général de Sophia Genetics.

La Suisse est en avance. «Notre pays, avec son projet de loi sur la fintech mis en consultation en février, fait œuvre de pionnier. Il n’y a pas de projet de loi semblable à l’étranger», a indiqué Jörg Gasser, Secrétaire d’État aux questions financières internationales (SFI). La loi s’inscrit dans le contexte d’un besoin d’«équivalence juridique toujours plus compliquée à obtenir en Europe. Ce sera d’ailleurs l’un des défis majeurs de 2017», a-t-il révélé.

Aucun autre pays n’a de loi fintech

«La nouvelle loi constitue un signal de qualité et de reconnaissance pour les entreprises de la fintech», au moment où l’UE prépare sa propre loi fintech», a-t-il ajouté. Mais pour l’heure aucun autre pays n’a défini un cadre légal dans ce domaine. Le Conseil fédéral veut encourager l’innovation et réduire les obstacles au développement, selon le SFI. La Suisse compte 162 entreprises fintech en 2016, contre 24 en 2010, selon l’institut IFZ, à Zoug.

Avec la nouvelle loi, le Conseil fédéral se refuse de présenter une politique industrielle. Il ne prend pas position en faveur de modèles d’affaires particuliers. Il préfère définir les mêmes conditions-cadres pour toutes les fintech, qu’elles soient issues de la banque ou de l’assurance.

Le projet de loi entend faciliter les levées de fonds, créer une licence «light», répondant à des exigences inférieures aux banques traditionnelles et permettant d’accueillir des dépôts jusqu’à 100 millions de francs. Elle cherche aussi à étendre l’espace non-réglementé au sein de ce que le Conseil fédéral nomme un «bac à sable», c’est-à-dire un laboratoire destiné aux essais innovants. Si la fintech est susceptible de disrupter certaines activités traditionnelles, «elle devrait aussi ouvrir de nouveaux champs d’activité», selon Jörg Gasser.

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Malgré l’intérêt d’avoir un cadre juridique clair et transparent, «la Suisse n’est pas exempte d’interrogations majeures et de difficultés, notamment à l’égard de la valorisation des start-up et de la fiscalité lors de l’exercice d’options», observe Jurgi Camblong. Le patron de Sophia Genetics regrette aussi les difficultés de financement en Suisse et la frilosité des investisseurs institutionnels en matière de capital-risque.