Depuis son retour des Etats-Unis, où il a accompagné Nicolas Sarkozy le 18 octobre pour voir George Bush, José Manuel Barroso s'active pour remettre la Commission européenne au centre de la riposte publique à la folie des marchés. Ce mercredi, l'ancien premier ministre portugais réunit ses 27 commissaires pour «discuter de la crise financière et des réponses à la situation dans l'économie réelle». En vue: le sommet européen informel du 7 novembre et celui du G20 le 15, à Washington.

Cette réunion est, pour José Manuel Barroso, l'occasion de s'engouffrer dans la brèche du krach. Candidat depuis juin 2008 à un second mandat après les élections de juin 2009, le président de la Commission a reçu le soutien anticipé des chefs d'Etat et de gouvernement du Parti populaire européen (PPE, centre droit) avant le sommet des 27 le 15 octobre.

Le fait que le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, patron réélu de l'Eurogroupe, ait proposé, six mois avant le scrutin européen, ce soutien public a dopé ses chances. Tandis que l'idée d'un «gouvernement économique» défendue par Nicolas Sarkozy apparaît comme une autre perche: «D'un seul coup, la crise fait oublier la relative passivité du collège», confirme Peter Weileman, de la fondation Konrad Adenauer.

«Gouvernement économique»

Le bilan des commissaires est toutefois contrasté. Déjà, l'une des victimes déclarées de la crise est le très libéral commissaire irlandais Charlie McCreevy, chargé du marché unique, contesté pour la timidité de ses propositions de régulation. A l'inverse, la commissaire néerlandaise à la concurrence Nelly Kroes a réussi la prouesse d'approuver les plans de sauvetage bancaire en un temps record.

José Manuel Barroso devra aussi naviguer entre la France de Nicolas Sarkozy et l'Allemagne d'Angela Merkel, inquiète de voir derrière ce «gouvernement économique» une remise en cause future de l'indépendance de la Banque centrale européenne. La question des critères de Maastricht sur les déficits budgétaires - provisoirement mis de côté - et au-delà celle de la relance de l'économie seront autant de tests de la crédibilité économique du collège qu'il dirige depuis novembre 2004.