Le patron de Deutsche Bank, Josef Ackermann, a déclenché une polémique en Allemagne en déclarant qu’augmenter la part de femmes dans la direction de sa banque la rendrait «plus colorée et plus jolie», rapporte la presse ce matin.En plein débat sur l’instauration d’un quota légal de femmes dans les directions des grands groupes, M. Ackermann a relevé qu’il n’y en avait aucune dans le comité exécutif de Deutsche Bank, l’organe subordonné au directoire.

«J’espère toutefois qu’un jour ou l’autre (la direction) sera plus jolie et plus colorée», en accueillant des femmes, a-t-il déclaré, rapporte le quotidien Handelsblatt. «Ceux qui aiment ce qui fait joli et coloré n’ont qu’à aller se promener dans un champ de fleurs ou au musée», lui a rétorqué la ministre conservatrice (CSU) des consommateurs, Ilse Aigner, dans le quotidien économique.

De l’ancienne école

Le chef de la communication de Deutsche Bank a toutefois plaidé que les propos de son patron avaient été sortis de leur contexte et que Joseph Ackermann était un «gentleman ancienne école».La coalition au pouvoir en Allemagne est divisée sur l’idée de quotas pour corriger la sous-représentation criante des femmes dans les directions des entreprises, une option écartée par la chancelière Angela Merkel. Joseph Ackermann est également opposé à l’idée d’une obligation légale. La banque qu’il dirige emploie 44,3% de femmes mais seuls 16,1% des postes de direction sont occupés par des femmes, souligne le Handelsblatt.