Lorsque la panique se lit dans les cours de bourse, que la volatilité grimpe violemment, et que l'espoir semble disparaître, l'investisseur qui sait garder ses nerfs peut être tenté de jouer une hausse de l'indice SMI sur quelques jours. Ce que les professionnels nomment un «spike». Dans ce cas, est-il préférable d'acheter une action ou de privilégier des instruments de levier comme un warrant ou un Mini Future?

Nous avons tenté l'expérience avec une analyse du passé récent. Nous décidons d'analyser un achat le 17 septembre dernier, un jour de panique, juste avant que les banques centrales ne décident une forte injection de liquidités, et une vente une semaine plus tard, le 24 septembre. Nous supposons que l'investisseur achète un certificat sur l'indice SMI au cours de clôture, à 6667,85 points, et le vende à la clôture le mercredi suivant, à 6781,98 points. Le gain atteint 1,71% avec ce certificat sur l'indice. De ce chiffre, il faudrait naturellement enlever les courtages, mais nous n'en tenons pas compte vu qu'ils diffèrent d'une banque à l'autre.

La performance est-elle supérieure avec un dérivé? Nous comparons un Mini Future et un warrant sur l'indice SMI. Pour permettre une telle comparaison, Florian Stash, auprès d'ABN Amro, propose, pour le même montant que pour le certificat sur le SMI, un call warrant avec un prix d'exercice à 6200, échéance le 17 octobre 2008. Et un Mini Long avec un degré de financement correspondant (6200 points), avec un «stop loss» à 6572.

Pendant la semaine analysée, le Mini Long passe de 4,68 francs à 5,82 francs et le call warrant de 5,8 à 6,5 francs. La performance atteint donc 24,36% avec le Mini Future et 12,07% le call warrant. Comme le levier est identique pour les deux dérivés (9 fois), la différence de comportement s'explique par la volatilité. Le gain du warrant a été freiné par la baisse de volatilité. Par contre, le Mini Future est insensible aux variations de volatilité. L'exercice peut être répété non pas avec un certificat sur le SMI, mais avec d'autres actions. Il souligne la difficulté pour un petit investisseur à intégrer tous les facteurs nécessaires, notamment la volatilité.