Les critiques envers l’octroi de la décharge aux anciens dirigeants d’UBS n’ont cessé de croître en vue de l’assemblée générale des actionnaires ce mercredi. Selon un sondage de la télévision alémanique diffusé lundi, les deux tiers des Suisses refuseraient que la décharge soit accordée aux anciens cadres de la banque pour les années 2007 à 2009.

Pourtant, le mécontentement observé en Suisse ne fournit que peu d’indications à propos de l’issue du vote. Une grande partie des droits non exercés soutiennent automatiquement le conseil administration. Ainsi, lors de l’assemblée générale de 2009, cette proportion d’actionnaires silencieux et consentants atteignait 41% du total des voix représentées. Lors de celle d’avril 2008, la dernière à laquelle Marcel Ospel a pris part, cette part atteignait même 44%.

Opinions propres

En outre, les investisseurs anglo-saxons ont le plus de poids dans le capital d’UBS. Les consignes de vote établies par les deux sociétés américaines de conseil aux investisseurs RiskMetrics (ISS) et Glass Lewis, qui refusent la décharge pour 2007, auront certes une forte influence sur l’issue du vote mercredi, mais pour autant qu’elles soient suivies outre-Atlantique. Un représentant de Glass Lewis, cité par le Tages-Anzeiger de mardi, se montrait prudent quant à l’influence réelle des consignes de vote de la société. Selon lui, plus l’entreprise est grande, plus les investisseurs institutionnels tendent à se forger leur propre opinion.

Derrière de grands actionnaires que sont Capital Group (4,75%), Black Rock (3,45%) et Mellon Bank (3,21%), plusieurs groupes financiers américains détiennent des parts inférieures à 3% dans le capital d’UBS. En y ajoutant les 8,42% aux mains de la société de clearing new-yorkaise DTC (Cede & Co), qui conserve des titres de la banque pour le compte de tiers, et ceux déposés auprès de la société londonienne Chase Nominees (11,63%), entre 30 et 40% des actions d’UBS sont contrôlées par des investisseurs anglo-saxons. Leur décision pèsera ainsi même davantage que les recommandations émises en Suisse par Ethos, Actares et Deminor.

L’influence des actionnaires individuels n’est, elle, pas à surestimer. Ceux qui n’ont pas envoyé de consignes de vote soutiennent de fait le conseil d’administration. De plus, une procuration de vote accordée par le passé à la banque peut rester valable lors des assemblées générales suivantes, à moins d’y mettre fin expressément, comme cela a été rapporté au Temps. Reste enfin l’inconnue du fonds singapourien GIC, qui contrôle à lui seul 6,45% du capital d’UBS, et qui pourrait fait la différence sur la question de la décharge ce mercredi.