Il n'y a probablement jamais eu autant de selfies, au Salon international de la haute horlogerie (SIHH). C’est dans une certaine effervescence que, pour la première fois, le SIHH s’est ouvert aux visiteurs non-professionnels. 

La journée de vendredi, la dernière du salon, est traditionnellement la plus calme. La majeure partie des représentants des médias et des détaillants sont repartis. Ils ont vu ce qu’ils voulaient voir.

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Pour cette 27ème édition, ça a été l’inverse. Ce vendredi était une exception. Les couloirs feutrés de Palexpo étaient bruyants, le champagne et le vin étaient payants. Ils étaient 2500 à avoir déboursé 70 francs et à s’être préenregistrés sur le site internet du SIHH pour venir découvrir les nouveautés horlogères du salon genevois. Sur la semaine entière, les organisateurs estiment que 16'000 personnes ont participé à l'événement (+10% par rapport à 2016). 

Tout voir en un jour

Vendredi, il y avait surtout des couples, des groupes de jeunes et des hommes seuls. Et un certain nombre de femmes, aussi. Parmi elles, Helen, 42 ans, a pris congé. Elle est employée dans une multinationale à Genève. Elle porte une Cartier et, si elle est venue, c’est parce qu’elle «trouve génial de pouvoir voir en un seul jour tout ce que font ces marques magnifiques».

Les stands incontournables? Cartier, forcément, et Jaeger-LeCoultre, parce qu’elle y retrouvera quelqu’un qui y travaille. Dernière précision: elle n’a pas l’intention d’acheter une montre. Mais «je pourrai orienter mon mari vers tel ou tel modèle à m’offrir», plaisante-t-elle.

Amateur et fin connaisseur d’horlogerie suisse, Nir est aux anges. A peine trois heures qu’il est au SIHH et les comparaisons avec Baselworld fusent déjà. Paradoxalement, analyse-t-il, «les montres et les marques sont ici plus accessibles qu’à Bâle».

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A son programme, des visites au stand de Laurent Ferrier, de Jaeger-LeCoultre, de Vacheron Constantin et de Richard Mille. Toujours avec la ferme intention de pouvoir discuter technique avec un représentant. «Je cherche toujours à établir une relation. Et les marques devraient faire de même. Je suis un futur acheteur potentiel.»

Une journée d’essai

Pour les organisateurs du SIHH, cette journée était un test. On ne sait pas encore si l’expérience sera reconduite l’an prochain. Mais un patron horloger nous confie d’ores et déjà que cela serait une bonne idée. «A force de ne voir que nos détaillants, nous finissons peut-être par avoir une vision biaisée de ce que veulent les clients finaux.»

En ce vendredi inédit, certaines marques avaient organisé des présentations, pour séduire et accueillir ces amateurs. D’autres n’avaient rien prévu du tout. «On aurait peut-être dû», s’interroge le responsable d’une marque indépendante, constatant que son petit stand est pris d'assaut.

Lorsque l’on a quitté Nir, il entrait dans l'espace réservé à Parmigiani avec l’objectif de rencontrer le fondateur Michel Parmigiani. Il est débordé, lui a-t-on répondu. Nir aussi, de toute façon. Il venait d’ajouter Ulysse Nardin à son itinéraire d’un jour.