Pendant un an et un mois, Raoul Weil, ancien patron du private banking d’UBS, n’a vécu que pour sa défense face à la justice américaine, et rien que pour sa défense. Acquitté le 14 novembre 2014 par un Tribunal de Floride, il réédite, dans «Der Fall Weil», son combat à destination du public.

Une plaidoirie ennuyeuse? Non, un polar. Jour après jour, le banquier déroule son journal. Son arrestation en pleine nuit dans un palace de Bologne, suite à une plainte déposée contre lui par le DoJ, qui l’accuse d’avoir dirigé les opérations permettant à 17 000 clients américains d’UBS échapper au fisc. Puis les deux mois de prison qu’il passe à la Casa Circondariale, le pénitencier local, en compagnie de dealers et de truands d’Europe de l’est et d’Afrique du nord. Son extradition aux Etats-Unis, ses longs mois d’arrêts domiciliaires dans une belle villa prêtée par des amis où il prépare sa défense avec ses avocats. Enfin, le procès, qu’il finit par gagner, le DoJ n’ayant pas réussi à démontrer sa responsabilité.

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Raoul Weil s’autorise un humour sec, voire pince-sans-rire, pour noircir sa vie en prison ou tourner en ridicule certains avocats (sauf ceux qui l’ont aidé à gagner), les policiers, et naturellement le DoJ.

On trouve quelques traces de découragement, parfois, au fil de ces 350 pages en allemand. Mais pas le moindre doute quant à son innocence. Les informations nouvelles sont rares. Cette autobiographie est le récit d’un homme blessé dans son honneur, qui a fini par l’emporter et veut que tout le monde le sache.