Les investisseurs se sont montrés prudents à l'ouverture avant la publication des statistiques clés du marché de l'emploi aux Etats-Unis. La suite des opérations leur a donné raison: en effet, l'économie américaine a créé 310 000 emplois au mois de juillet et le salaire horaire moyen a progressé de 0,5%, ce qui s'est révélé nettement supérieur aux attentes. Le taux de chômage est resté inchangé à 4,3%. Il semble désormais qu'un resserrement monétaire par la Réserve fédérale soit pratiquement inévitable à l'issue de la prochaine réunion du 24 août. La réaction ne s'est pas fait attendre sur les places boursières du Vieux Continent qui n'ont pas cédé à la panique pour autant. Wall Street est orientée à la baisse sur les premiers échanges. Après avoir baissé jusqu'à 6669,50 sur la nouvelle, le marché suisse efface une partie de ses pertes, s'alignant sur la tendance de la Bourse de New York. L'indice SMI termine la dernière séance de la semaine en recul de moins de 1%, flirtant avec la marque des 6700 points.

Parmi les blue chips, SGS progresse de plus de 1%. La société annonce qu'elle vendra dans les prochaines semaines son unité de services d'assurances pour se concentrer sur l'inspection et l'émission de certificats de qualité. Les candidats au rachat sont nombreux et la SGS négocie les termes finaux. Le groupe espère toujours céder ses laboratoires médicaux basés en Grande-Bretagne et en Australie d'ici à la fin de l'année. Selon les analystes, la vente de ces actifs pourrait rapporter quelque 900 millions de francs suisses à la société et lui permettre d'enregistrer un bénéfice net entre 75 et 100 millions de francs suisses cette année, objectif confirmé par la SGS. Elle avait affiché une perte de près de 290 millions de francs suisses durant l'exercice 1998. Le titre a gagné plus de 20% depuis le début de l'année, mais demeure néanmoins à un niveau inférieur de 40% à celui de juin 1998.

Swisscom se replie de plus de 1% alors que Deutsche Telekom annonce le rachat de la société britannique One 2One. Cette opération ravive les spéculations de concentration dans le secteur des télécommunications.

Son homologue Novartis baisse de près de 1%. Selon les spéculations en vigueur actuellement, le groupe pourrait examiner une alliance avec BASF. En effet, le président du groupe allemand a fait part récemment de son intention de participer à une réorganisation dans le secteur mondial de l'agrochimie, dans lequel Novartis joue un rôle important. Roche recule de 1,6%. Le groupe bâlois annonce des résultats décevants dans le cadre des tests sur son médicament pour le cœur expérimental nommé Xubix. Il est destiné à prévenir l'épaississement du sang et ne devrait pas parvenir à concurrencer l'aspirine comme l'avait prévu Roche. Ce produit a été développé en collaboration avec sa filiale américaine Genentech et avait un potentiel de chiffre d'affaires de quelque 100 millions de francs suisses selon les analystes, ce qui n'est pas énorme par rapport à d'autres produits comme le Xenical. Les résultats complets de l'étude seront présentés à la conférence sur les maladies du cœur qui se déroulera ce mois à Barcelone.

Signalons pour terminer que BioMarin, très récemment introduite en Bourse, s'apprécie de plus de 5% à 21,10. Les investisseurs semblent apprécier la nomination de M. John Jost à la vice-présidence de la société. Il travaillait précédemment chez Genentech, la filiale américaine de Roche qui occupe la deuxième position mondiale dans le domaine de la biotechnologie.