Après avoir plongé de près de 6% la veille, le marché suisse se reprend en fin de semaine. L'indice SMI termine la séance en progression de 2,5%, soutenu par la tendance positive de Wall Street à l'ouverture et par les bonnes performances des bancaires, de Novartis et de Nestlé. Cette hausse lui permet de franchir de nouveau la marque psychologique des 6700 points. Les investisseurs semblent reprendre espoir après les récentes lourdes pertes et tablent sur une nouvelle détente monétaire de la Réserve fédérale avant sa prochaine réunion. Parmi les blue chips, Swiss Re grimpe de près de 9% à 3181, après avoir fortement chuté la veille. Un courtier américain recommande le titre à l'achat (strong buy) avec un objectif de cours de 4500 dans un horizon à douze mois. La compagnie de réassurance a annoncé récemment que les catastrophes naturelles avaient engendré des pertes de l'ordre de 50 milliards de dollars (86,3 milliards de francs) pour le secteur des assurances en 2000. Cependant, les assureurs couvrent les dommages à hauteur de 10,6 milliards de dollars, ce qui est nettement moins impressionnant. En revanche, Zurich Financial Services poursuit sa descente aux enfers et perd encore plus de 4% à 525. La compagnie d'assurances semble avoir perdu sa crédibilité auprès des investisseurs, en raison principalement de son manque de transparence. Un article paru dans la presse alémanique fustige le président du groupe, Rolf Hüppi, qui aurait trop de pouvoir et procéderait à des acquisitions trop rapidement en l'absence de contrôle interne. Cette analyse est proche de celle des investisseurs, qui souhaiteraient pour la plupart le départ de Rolf Hüppi. Après la publication des résultats 2000, de nombreux analystes revoient leurs estimations de bénéfices à la baisse pour l'exercice en cours et baissent leur rating sur le titre.

De son côté, Swisscom s'apprécie de 1,5% à 367,50. Le groupe annonce qu'il n'a pas l'intention de vendre sa participation dans le prestataire de services de communications Infonet. Il précise qu'il est très satisfait de son investissement et que l'entreprise est un associé important pour ses activités internationales. Infonet a déclaré jeudi qu'il examinait différentes alternatives stratégiques. Le géant néerlandais KPN, un des six grands actionnaires d'Infonet, entend pour sa part vendre sa participation.

SAirGroup de nouveau en hausse

Dans un autre registre, SAirGroup, qui avait fort bien résisté à la pression baissière jeudi, progresse de 1,5% à 181. Le ministre des Finances, Pascal Couchepin, doute que le gouvernement helvétique ait besoin de participer au plan de sauvetage de SAirGroup. Il ajoute que cet avis est partagé par le nouveau président du groupe, Mario Corti. Par ailleurs, le gouvernement italien confirme que la compagnie Alitalia est en quête d'un partenaire international depuis plusieurs mois. Il est peu probable que le transporteur italien le trouve prochainement. Il a pris contact avec Air France, KLM et Swissair, sans résultats pour le moment.