Malgré la détente monétaire de 50 points de base décidée mercredi soir par la Réserve fédérale, le ton n'est pas à l'enthousiasme sur les places financières, ce qui tend à prouver que le mouvement de la banque centrale était déjà largement anticipé. A l'issue d'une séance prudente, l'indice SMI recule de 1% et enfonce la marque psychologique des 8000 points. Dans le compartiment des bancaires, UBS et CS Group ne parviennent pas à profiter de la baisse des taux américains. En effet, les deux titres sont affectés par la faiblesse des résultats trimestriels publiés par Deutsche Bank. UBS se replie de 2,8% à 282 et CS Group de 1,6% à 342,50. Julius Baer se replie de 1% à la veille de la publication de ses résultats au cours de l'exercice 2000. Les analystes tablent sur une croissance de 50% du bénéfice net de la banque. De son côté, SAirGroup recule de 2,5% à 234. Sa filiale à hauteur de 49,5% Sabena annonce qu'elle risque de se trouver à court de cash si aucun changement n'intervient d'ici à la fin du mois de février.

L'audit confirme que le transporteur est confronté à des pertes considérables. Le programme de restructuration Blue Sky proposé par la compagnie est considéré comme un facteur déterminant pour sa survie dans l'immédiat et sa viabilité à plus long terme. Les deux actionnaires de Sabena, le gouvernement belge et SAirGroup, se rencontreront lundi afin de décider de la poursuite des activités du transporteur. Le programme Blue Sky est basé sur des mesures de restructuration d'un montant de 326 millions de dollars et sur une recapitalisation de 10 milliards de francs par les deux actionnaires de la compagnie. Affaire à suivre.

Dans un autre registre, Syngenta s'apprécie de près de 3% à 101,75. Le groupe d'agrochimie annonce avoir cédé les activités européennes de sa marque de désherbant Mikado au groupe allemand Bayer pour un montant de 106 millions de dollars. Syngenta qui doit vendre certaines de ses activités représentant un chiffre d'affaires total de 340 millions de dollars dans le cadre des conditions émises par la Commission européenne lors de la fusion. La compagnie espère avoir achevé toutes ces cessions d'ici le mois de juin.

Pour sa part, Swatch Group progresse de 0,8% à 1990. L'industrie horlogère suisse prévoit un taux de croissance de ses exportations plus modeste en 2000. Il faut souligner qu'elles avaient grimpé de 14,4% l'an passé pour franchir la marque des 10 milliards de francs pour la première fois. Les activités sont toujours très florissantes aux Etats-Unis où aucun signe de ralentissement économique ne se ressent pour le moment. Alors que la valeur des exportations a augmenté, les volumes ont décliné, ce qui reflète l'importante accrue du segment moyen à haut de gamme.

Dans ce contexte, les fabricants suisses ont vendu 29,9 millions de montres, un recul de 4,6% par rapport à 1999. D'un point de vue géographique, les Etats-Unis se taillent la part du lion avec un montant de près de 2 milliards de francs. En Asie, la plupart des pays retrouvent les niveaux observés avant la crise de 1998. En Europe, la France, la Grande-Bretagne et l'Italie mènent le bal.