Affecté par la résurgence des incertitudes relatives à la situation économique en Amérique latine, le marché suisse recule à l'instar de ses homologues du Vieux Continent. L'ouverture négative de Wall Street ne fait rien pour arranger les affaires de l'indice SMI qui termine la séance en repli de plus de 1%.

Le compartiment des financières est affecté par des craintes d'éventuels problèmes financiers en Argentine. En effet, un candidat à la présidence du parti péroniste a suggéré un moratoire sur la dette extérieure du pays qui représente quelque 100 milliards de dollars. Le président Carlos Menem s'est empressé de rassurer les marchés, démentant les rumeurs relatives à la capacité de l'Argentine de rembourser sa dette. Les bancaires CS Group et UBS se replient de plus de 2%. Aux assurances, Zurich Allied et Bâloise reculent de 1%.

Roche baisse de 0,8% en dépit de la publication d'un chiffre d'affaires semestriel qui s'avère supérieur aux attentes des analystes avec une progression de 7% à 13,4 milliards de francs suisses. Ce bon résultat est dû notamment au succès du traitement contre l'obésité Xenical fin avril aux Etats-Unis. Lancé au troisième trimestre 1998 et commercialisé dans 18 pays, il figure désormais parmi les trois meilleures ventes de médicaments de Roche. Le bénéfice net, à paraître ultérieurement, devrait être assombri par les charges supplémentaires découlant du paiement d'une amende de 500 millions de dollars dans le cadre du règlement de l'affaire de l'entente sur les prix des vitamines.

Swisscom vit une légère reprise technique après la forte baisse enregistrée dans le sillage du rachat de Debitel. Le groupe néerlandais de télécommunication et de télévision par câble UPC, introduit en Bourse au mois de février, annonce son intérêt au rachat de la société suisse Cablecom. Le prix de la transaction est estimé à 2,6 milliards de dollars par la presse financière britannique. Cablecom appartient à parts égales à Swisscom, Siemens et Veba.

Dans un autre registre, SAirGroup recule de près de 2%. Sa division SAirServices annonce le rachat de l'entreprise de maintenance au sol américaine DynAir au groupe britannique Alpha Airports pour un montant de 155 millions de dollars. La société, basée à Washington, est active dans 55 aéroports des Etats-Unis. Cette opération permet à SAirServices de devenir numéro un mondial sur le marché de la maintenance au sol.

Parmi les valeurs secondaires, le titre Kudelski se replie de 0,8%. Au cours d'une interview, la société annonce qu'elle pourrait presque doubler son bénéfice net en l'an 2000 par rapport à un chiffre compris entre 25 et 35 millions de francs suisses prévu cette année, et ce grâce à d'importants contrats signés en Grande-Bretagne et en Israël. En 1998, Kudelki avait enregistré un profit de 16,5 millions de francs suisses. Pour la société, la question est de savoir combien de personnes passeront à la télévision digitale quand les opérateurs lanceront leurs grandes campagnes de ventes à Noël. A cette période, le chiffre d'affaires de Kudelski devrait progresser de 30 à 40%. André Kudelski ajoute que la compétition est limitée dans le secteur et qu'il n'était pas intéressé au rachat d'un de ses rivaux. Pour terminer, Jelmoli affiche un léger recul. La société annonce une baisse de 26% de son chiffre d'affaires au cours du premier semestre, en raison notamment de nombreux désinvestissements. Jelmoli précise que l'objectif fixé d'une croissance de 5 à 10% du bénéfice net a été atteint durant la période sous revue.