Après avoir ouvert en fort recul dans le sillage des places asiatiques et des valeurs américaines vendredi, le SMI réussissait à se stabiliser à la mi-journée sur le support technique des 7250 points dans l'attente de l'ouverture de Wall Street. Notons que le niveau le plus bas établi à 7216 points a été atteint peu après l'ouverture. Aucun blue chips n'était épargné par les forts dégagements des intervenants, à l'image des Zurich Allied, Swatch Group, Credit Suisse Group et SGS qui cédaient tous plus de 5%.

Cet attentisme à la mi-journée semblait finalement payer puisque l'indice SMI, qui passait du gris foncé au gris clair suite à la bonne disposition des différents indices américains, clôturait en ralliant le niveau des 7329, soit en repli de 2,2% seulement. Les volumes furent bien nourris et se situèrent à près de 5 milliards de francs. Le pire sur le très court terme a ainsi été évité et le lundi noir tant craint par certains observateurs n'a été qu'un mauvais présage en ce début de semaine.

ABB, le seul gagnant

La grosse déception survenait de Zurich Allied (–6% à 772 francs) qui annonçait une simplification de l'actionnariat avec sa cousine londonienne Allied Zurich. Le sixième assureur européen souffrait sur le SMI de l'arbitrage opéré par de nombreux intervenants professionnels qui préféraient acheter le titre coté à Londres, au bénéfice d'un dividende spécial ainsi que d'un programme de rachat d'actions.

Le seul titre à évoluer en partie en terre positive dans l'après-midi était ABB, leader mondial de l'automation et de l'ingénierie électrique. La société publiait dans la matinée ses résultats pour le premier trimestre, des résultats de haute qualité qui enthousiasmaient de nombreux analystes. En clôture le titre cédait toutefois 0,25% à 180,25 francs.

Du côté des small caps, la société SEZ Holding, active dans l'industrie des semi-conducteurs, réduisait le prix d'émission concernant son augmentation de capital, compte tenu des conditions de marché. Celui-ci passe désormais de 1190 à 1140 francs. Le titre terminait malgré tout en recul de 1,75% à 1179 francs.

Volatilité, nervosité et manque de tendance claire

A contrario, la société hollandaise Jomed, experte dans les technologies médicales, ne prévoit pas de revoir les termes ainsi que la fourchette de prix concernant son entrée en Bourse prévue mercredi matin sur le New Market, l'indice suisse des valeurs de croissance. Le CFO de la société, Antti Ristinmaa annonçait à l'agence Reuters que l'intérêt pour cette entrée en Bourse «était immense» et que la fourchette de prix serait «prudente afin de protéger les investisseurs». Rappelons pour mémoire que le pricing se situe entre 39 et 45 francs et la souscription se termine en fin de matinée. La société bénéficiaire espère par la même occasion lever entre 900 millions et un milliard de francs suisses.

Ces deux situations reflètent bien de manière contrastée les différentes perceptions que les intervenants ont du marché à l'heure actuelle. Volatilité, nervosité et manque de tendance claire sur le court terme risquent d'être les maîtres mots pour cette semaine raccourcie.