JPMorgan Chase a annoncé lundi être visé par une enquête pénale aux Etats-Unis dans le cadre des manipulations supposées du marché des changes. La première banque américaine a relevé de 1,3 milliard de dollars (1,25 milliard de francs) à 5,9 milliards l’argent mis de côté pour régler les litiges.

C’est la première fois qu’un régulateur dans le monde envisage des poursuites pénales envers une institution financière dans cette affaire. Des courtiers ont été poursuivis pénalement à Londres. Dans un document boursier, la banque précise que cette investigation est menée par le département de la Justice (DoJ).

«Le Département de la justice conduit une enquête pénale, (tandis que) d’autres régulateurs dont les régulateurs américains des banques, la CFTC (le régulateur américain des marchés des matières premières et des produits dérivés), la FCA (l’autorité de conduite financière britannique) et d’autres autorités gouvernementales étrangères mènent elles des enquêtes civiles concernant l’activité de marché de changes», écrit JPMorgan.

La firme assure «coopérer avec les différentes investigations et est actuellement en discussion avec le DOJ et les différents autres régulateurs pour résoudre ces différentes enquêtes». Elle prévient toutefois que ces négociations pourraient ne pas aboutir.

UBS impliquée

Les régulateurs à travers le monde soupçonnent des courtiers de gros établissements de s’être entendus via des forums de discussions sur Internet et des messageries instantanées pour manipuler les cours en leur propre faveur.

Six grandes banques, JPMorgan Chase et sa compatriote Citigroup, la suisse UBS et les britanniques Barclays, RBS et HSBC, sont en train de négocier un accord avec les autorités britanniques et américaines, avaient indiqué au début octobre des sources proches du dossier ayant requis l’anonymat.

Les contours de l’accord collectif avec ces six établissements financiers sont déjà dessinés, avançaient-elles. L’amende se chiffrerait ainsi en milliards de dollars, selon elles.

La semaine dernière, Citigroup a dû réviser à la baisse après coup ses bénéfices trimestriels, invoquant 600 millions de dollars de plus de provisions liées à des contentieux juridiques en cours.