JPMorgan Chase a fait état jeudi d’un bénéfice net en recul de 10% au premier trimestre, mais largement supérieur aux attentes, grâce à ses performances en banque d’investissement qui ont permis d’éponger la forte hausse de ses provisions en banque de détail.

La banque new-yorkaise a dégagé un bénéfice net de 2,14 milliards de dollars sur les trois premiers mois de l’année, à comparer avec un bénéfice de 2,37 milliards à la même période l’an passé et un bénéfice de 702 millions au quatrième trimestre 2008, selon son communiqué.

Par action, son bénéfice courant s’est établi à 40 cents, soit nettement mieux que les 32 cents attendus par les analystes.

Le produit net bancaire s’est élevé à 26,92 milliards de dollars sur le premier trimestre, en hausse de 50% sur un an et de 41% sur le 4e trimestre 2008, à la suite de l’acquisition de sa rivale Washington Mutual. La encore, JPMorgan fait mieux qu’attendu par le marché (22,95 milliards).

Evoquant le déroulement du reste de l’année, le PDG Jamie Dimon a jugé «raisonnable de s’attendre à de nouvelles provisions sur l’encours de crédit si l’environnement économique se dégradait». Cité dans le communiqué, il s’est toutefois dit «confiant que même un scénario économique hautement contraire ne compromettra pas (la) force et (la) stabilité» de la banque.

Au premier trimestre, la banque, considérée comme l’un des établissements financiers américains qui a le mieux géré la crise, a dû quasiment doubler le montant de ses provisions pour créances douteuses, ce qui explique le recul du bénéfice net d’une année sur l’autre, selon le communiqué.

Les provisions sur les crédits alloués par la banques ont totalisé 10,1 milliards de dollars, dont 8,5 milliards en banque de détail (prêts, cartes de crédit...) et 1,2 milliard dans la banque d’investissement.

JPMorgan, qui a bénéficié d’une injection de capital de 25 milliards de dollars d’argent public, a précisé que son ratio de fonds propres «durs» s’était hissé à 11,3% à fin mars, mais qu’il était de 9,2% en excluant l’aide de l’Etat. Ce ratio était de 8,3% au premier trimestre 2008.

M. Dimon a mis en exergue le fait que la banque poursuivait ses «efforts pour contribuer au redressement de l’économie», en continuant à prêter de l’argent aux particuliers et aux entreprises - 150 milliards de dollars supplémentaires en crédit au 1er trimestre - et en poursuivant son programme de prévention des saisies immobilières.

La banque a pour objectif d’éviter quelque 650’000 saisies de logements au Etats-Unis d’ici la fin de l’année prochaine, a-t-elle rappelé.

Sur le trimestre écoulé, la division de banque d’investissement a contribué pour la quasi totalité des résultats du groupe, avec un bénéfice net de 1,6 milliard de dollars, portée par des revenus plus que doublés, à 8,3 milliards. La division a enregistré une forte activité sur les marchés obligataires, des changes, des matières premières, des actions et sur les marchés émergents.

L’autre grand contributeur aux résultats, la banque de détail, a affiché des revenus «record» de 8,8 milliards. Son bénéfice, de 474 millions, a été plombé par l’importance des provisions pour créances douteuses.

JPMorgan accueillait 25 millions de comptes courants à fin mars, et accueillait pour 906 milliards de dollars de dépôts (pour 2.079 milliards de dollars d’actifs).

A noter que ses activités de banque privée ont vu leurs revenus reculer de 10% sur un an, à 1,7 milliard de dollars, et leur bénéfice chuter de 37%, à 24 millions.