Economie

Jugés encore immatures, les officiers régionaux de placement souffrent de vouloir trop bien faire

Les offices régionaux de placement moins efficaces que ne l'étaient les offices communaux? L'OFDE réfute.

Selon l'Union syndicale suisse (USS), les offices régionaux de placement (ORP) replacent sur le marché du travail deux fois moins de chômeurs que les offices communaux du travail, chargés de cette tâche avant la deuxième révision de la loi. Ainsi, en 1993, les offices communaux réalisaient 38 placements à un coût de 4900 francs chacun par conseiller et par an, alors que les ORP n'effectuent actuellement que 16 placements à 9500 francs par conseiller et par an, affirme l'USS. L'Office fédéral du développement économique et de l'emploi (OFDE) rejette cette critique. «On ne peut pas comparer les ORP d'aujourd'hui avec les anciens offices communaux, s'exclame Alan Kocher, chef du service d'information de l'OFDE. En plus du placement, les ORP font tout un travail préalable indispensable à la réintégration sur le marché du travail – des cours de formation, de techniques de recherche d'emploi, de conseils aux chômeurs – ce que ne faisaient pas les offices communaux. Le cahier des charges de ces deux structures est très différent. L'indicateur «placement par conseiller» ne rend pas du tout compte de cela.» Les ORP sont-ils surchargés de travail administratif étranger à leur mission de placeurs, comme le prétend l'USS (lire ci-dessus)? «Chaque assurance, y compris l'assurance chômage, doit avoir un système de contrôle, ce qui implique une charge administrative. On peut sans doute le simplifier, rechercher des solutions plus efficaces, et nous nous efforçons de le faire. On tend maintenant à spécialiser les conseillers des ORP dans les différents secteurs économiques de manière à améliorer leurs connaissances des professions et des branches. Cela afin d'augmenter leur efficacité dans le placement des chômeurs. Et certains conseillers passent près de 80% de leur temps à la recherche de places de travail vacantes dans les entreprises», souligne Alan Kocher. Bref, l'OFDE s'étonne des soudaines critiques syndicales déclenchées par la motion Bonny. Et il rappelle les bons résultats du sondage MIS Trend de ce printemps sur le fonctionnement des ORP, où la majorité des chômeurs et des employeurs sondés se sont dits satisfaits de leurs prestations. Un demandeur d'emploi sur sept ayant retrouvé un travail a été directement placé par un ORP, précisait cette enquête.

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