Economie

Juin, un mois test pour la performance des hedge funds

S'il crédite Hedgestock de nombreux mérites, Pierre Montézin, directeur

S'il crédite Hedgestock de nombreux mérites, Pierre Montézin, directeur du fonds de fonds Swiss capital, n'en jette pas moins une ombre sur l'ambiance festive du rassemblement.

«Ce n'est pas vraiment une bonne idée pour les gérants de hedge funds de donner aux institutionnels l'impression qu'ils s'amusent dans la campagne anglaise en tenue hippie à une époque où les marchés sont vraiment difficiles.» «La conférence ne s'est pas déroulée au meilleur moment», corrobore un confrère genevois présent à la manifestation.

Après avoir connu douze mois d'une progression quasiment sans nuages, l'industrie est soumise à rude épreuve depuis le retournement des marchés et le changement de régime de la volatilité début mai. L'indice HFRX global quotidien était déjà en berne de 1,25% sur le mois au 8 juin, après avoir abandonné 1,31% en mai. Pour Pierre Montézin, «juin et juillet s'annoncent vraiment critiques pour l'industrie». Ces deux mois devraient permettre de séparer le bon grain de l'ivraie, c'est-à-dire les gérants qui couvrent vraiment leurs positions et qui s'adaptent rapidement au nouvel environnement, des autres, qui se sont contentés de surfer sur la vague haussière enclenchée au printemps 2003. Si ces derniers devaient afficher plusieurs mois consécutifs de performance négative, la sanction ne tarderait pas à se manifester sous la forme de retraits des investisseurs. «Le risque serait alors qu'ils soient forcés à liquider des positions pour y faire face, précipitant d'autant la baisse des marchés», met en garde Pierre Montézin.

Loin se de s'alarmer, un gestionnaire de Genève estime pour sa part que «sur l'année les performances restent correctes». L'indice HFRX progresse encore de 2,33% depuis janvier. «Les marchés, surachetés, avaient besoin de cette purge, observe un autre. C'est peut-être même le moment de rentrer dans certaines stratégies.» Car le retour de la volatilité n'est pas forcément une mauvaise nouvelle. Plusieurs types de stratégies, notamment les fonds d'arbitrage de convertibles pourtant jugés moribonds il y a un an, en profitent. Egalement favorisés, les fonds systématiques à très court terme et les arbitragistes d'options.

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