Commerce

Julian Diaz Gonzalez, patron de Dufry: «Nous étions des insectes à côté des marques de luxe»

En quinze ans, le distributeur bâlois Dufry est devenu une multinationale des boutiques hors taxes. De quoi placer les détaillants sur un pied d’égalité avec les marques, selon son patron

«Non. Pas de photo dans mon bureau.» Julian Diaz Gonzalez n’est pas du genre à tergiverser. Surtout quand on touche à sa sphère personnelle. «Je ne parle pas de ma vie privée. Ce groupe a été fondé en 1865. Moi je ne suis que de passage», tranche le patron de Dufry lorsque l’on évoque sa biographie. Un passage qui est appelé à faire date. Depuis quinze ans qu’il est en poste, c’est lui qui a converti l’ex-grossiste de tabac bâlois en multinationale des boutiques hors taxes. Présent dans les aéroports mais aussi sur les 15 navires du croisiériste Holland America Line, le groupe est passé de 660 millions de francs de revenus en 2006 à 8,7 milliards de chiffre d’affaires l’année dernière. Il compte 2300 magasins et 36 000 employés dans 65 pays.

Depuis le siège bâlois du groupe, le Madrilène (60 ans) déplore l’inefficience spatiale de la pièce, «pas dans le style retail» avec ses gigantesques fenêtres ouvertes sur la cité rhénane. Il évoque aussi la transformation du secteur et ses relations avec les marques produisant ses best-sellers aéroportuaires: parfums, tabac et spiritueux.