Visiblement safisfaite, la Banque Julius Baer a annoncé mardi des résultats 1998 en forte hausse. Profitant du boom de la gestion de fortune, la banque zurichoise a affiché l'an dernier un bénéfice avant impôt en hausse de 28% à 370 millions de francs. Pour la première fois, les produits d'exploitation du groupe ont franchi la barre du milliard de francs (+23%).

Dans sa lettre aux actionnaires, Julius Baer explique cette croissance par la nette augmentation du produit des opérations de commissions et des prestations de services (+37%) à 692,6 millions de francs. Par contre, le résultat des opérations de négoce enregistre une baisse de 9%. Les opérations sur titres ont particulièrement chuté (–26%), une contre-performance en partie compensée par le négoce de devises et de métaux précieux. Le groupe explique ce recul par les turbulences qu'a connues le marché des actions en automne dernier.

Le bénéfice net a gagné 49% pour s'établir à 302 millions de francs. Un résultat meilleur que prévu, selon Claudia von Türk. L'analyste de la Banque Pictet s'attendait à un bénéfice de 297 millions. Il faut préciser que le groupe a profité du changement de système fiscal intervenu l'an dernier dans le canton de Zurich. Cette modification lui a permis d'économiser près de 45 millions de francs d'impôts. Ce «bonus» exceptionnel ne figurera pourtant plus dans l'exercice en cours. Le bénéfice par action au porteur est ainsi passé de 172 à 260 francs.

Dans ce contexte favorable, le conseil d'administration de Julius Baer Holding proposera à l'assemblée générale, le 11 mai 1999, le versement d'un dividende de 69 francs par action au porteur et de 13,80 francs par action nominative (+33%).

Hausse des fonds sous gestion

Troisième plus grand gestionnaire coté à la Bourse suisse, derrière l'UBS et le CS Group, Julius Baer détenait 93,8 milliards de francs sous gestion à fin 1998 (+16%). Une progression qualifiée de supérieure à la moyenne par Claudia von Türk.

Ce chiffre n'englobe pas les avoirs en custody (conservation des titres) qui se sont accrus de 38% pour atteindre 22,1 milliards de francs. L'ensemble des avoirs se chiffre ainsi à 116 milliards. Quant au volume des fonds de placement, contenu dans les fonds gérés, il s'établit à 14,7 milliards (+39%).

Selon Julius Baer, l'augmentation des avoirs de la clientèle revient pour plus de la moitié à l'afflux d'argent frais de clients privés et institutionnels, ainsi qu'à la plus-value des portefeuilles. Julius Baer a par ailleurs profité de la restructuration de l'UBS en recueillant quelques-uns des clients de la grande banque.

L'an dernier, le groupe a également étendu sa présence en Suisse, en ouvrant entre autres une nouvelle succursale à Lausanne. Son effectif est en hausse puisque Julius Baer occupait 1816 collaborateurs à fin 1998 (+155 personnes).

L'an dernier, le total du bilan se montait à 15,3 milliards de francs (+13%), alors que les fonds propres atteignaient 1,41 milliard (+3%). Le rendement des fonds propres (ROE) s'établit désormais à 21,6% contre 15,5% à la fin de 1997.

L'action au porteur a clôturé mardi en très légère baisse (–0,5%) à 4995 francs. Les investisseurs avaient anticipé l'annonce de ces bons résultats puisque la veille le titre avait progressé de 5,3%.