Julius Baer, qui gère 300 milliards de francs d’actifs (+3%) a tiré un trait sur deux dossiers complexes. L’acquisition des activités de gestion de fortune de Merrill Lynch et le conflit fiscal avec le Département américain de justice (DOJ) qui s’est traduit par une amende de 521 millions de francs appartiennent au passé. Le conflit avec les autorités américaines laissera toutefois des traces sur la rémunération au sein de la banque. La direction a indiqué, lundi lors d’une conférence de presse, à Zurich, que l’amende pénalise la rémunération de la direction générale et du conseil d’administration ainsi que le rapport de rémunération le montrera. Boris Collardi, président de la direction, a gagné 5,7 millions de francs en 2014. Le site finews.ch rappelle qu’après l’amende de 2,8 milliards de dollars, le patron de Credit Suisse, Brady Dougan, avait vu sa rémunération réduite de 1%.

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«Julius Baer entre dans une nouvelle phase de croissance», a d’ailleurs déclaré Boris Collardi. Il s’appuie sur un troisième aspect majeur: Les conditions réglementaires sont, à son avis, plus claires. L’expansion s’appuiera en partie sur des facteurs internes, tels que l’offre en Suisse pour les clients les plus riches ainsi que les nouveaux services de conseils, et d’éventuelles acquisitions.

Baisse des impôts

L’exercice 2015 de la banque a déçu les marchés financiers. L’action a perdu 2,4% à 42,2 francs après la conférence, portant le recul de cette année à 13%. Le bénéfice net ajusté, sans l’accord avec le DOJ, les frais de restructuration et d’intégration, est en hausse de 20% à 701 millions de francs. Il est légèrement inférieur aux attentes des analystes. Il a pourtant été favorisé par un net recul du taux d’imposition, de 17,1 à 9,7%, lié à la faiblesse des impôts à Hong Kong et Singapour. Mais le bénéfice non-ajusté et avant impôts baisse de 56,3% à 309 millions de francs.

Sentiment négatif

Si la maîtrise des coûts (+1%) a satisfait les attentes, c’est avant tout la passivité de la clientèle au deuxième semestre qui a surpris négativement les experts. Les revenus ont donc été décevants. Il en résulte un recul des marges. La marge bénéficiaire (en proportion des actifs) est passée de 28,8 points de base au premier semestre à 25,8 au second. Elle est donc très éloignée de l’objectif, qui est supérieur à 30 points de base. «Les marchés financiers seront davantage volatiles en l’absence du soutien des banques centrales», a expliqué Boris Collardi. «C’est une chance pour nous, parce que nous pourrons d’autant mieux souligner notre savoir-faire en matière de conseil», a-t-il ajouté.

La banque a gagné 12,1 milliards de francs d’argent frais, ce qui dépasse 4% des actifs sous gestion. Des gains ont été observés aussi bien Asie qu’en Suisse, les deux marchés «domestiques» de la banque, ainsi qu’au Moyen Orient et sur certains marchés européens tels que Monaco et l’Allemagne. Mais la banque est pénalisée par un effet de change négatif de 9,5 milliards de francs sur le total des actifs.