Julius Baer Group a amélioré sa performance en 2010, en dépit d’un renforcement du franc suisse, et annonce une augmentation de dividende. Le groupe bancaire zurichois prévoit par ailleurs le lancement d’un programme de rachat d’action pouvant aller jusqu’à 500 millions de francs.

Julius Baer a enregistré un afflux net de capitaux de 8,8 milliards en 2010, contre 5,1 l’an dernier, soit une progression de 6% des actifs sous gestion, contre 4% en 2009. Le groupe se situe ainsi en haut de sa fourchette d’objectifs, notamment grâce à de forts afflux dans les marchés de croissance (Asie, Russie, Europe centrale et orientale, Amérique latine), et aux activités domestiques en Allemagne, comme indiqué ce matin dans le communiqué du groupe.

Le total des avoirs de la clientèle a augmenté de 11%, à 267,3 milliards de francs, et les actifs sous gestion ont crû de 10%, à 169,7 milliards, en raison de notamment de l’acquisition de ING Bank (impact de 14 milliards) et d’afflux nets en hausse (9 milliards). Julius Baer indique toutefois avoir subi un très fort impact négatif des cours de change, de l’ordre de 14 milliards de francs.

Au final, la banque boucle l’exercice sur un bénéfice avant impôts de 603 millions, soit une marge correspondante de 35 points de base de la moyenne des actifs sous gestion. Le bénéfice net ressort en hausse de 6,5% à 503,9 millions.

Hausse du dividende

Le Conseil d’administration proposera dans ce contexte à l’assemblée générale ordinaire du 7 avril 2011 un dividende de 60 centimes par action, en hausse de 50% par rapport à l’année précédente.

Le produit net d’exploitation de Julius Baer a grimpé de 13,1% à 1,79 milliard de francs, pour une marge brute en recul à 105 points de base, contre 111 l’an dernier. Le résultat net des opérations de commissions et des prestations de service a augmenté de 20% à 980 millions. Celui des opérations d’intérêts a reculé de 2% à 455 millions, et le revenu net des opérations de négoce a progressé de 11% à 332 millions. Les autres résultats ordinaires ont pour leur part augmenté à 26 millions.

Les charges d’exploitation ont crû de 16% à 1,20 (1,02) mrd CHF. Le groupe bancaire met en avant la première consolidation de ING Bank en 2010, qui a contribué à une progression de 16% du nombre de collaborateurs, à 3578. Les charges de personnel ont ainsi augmenté de 16% à 791 mio CHF, relève Julius Bär. Les frais généraux, y compris les correctifs de valeur, provisions et pertes, ont pour leur part augmenté de 17%, à 345 mio CHF.

Les chiffres présentés par Julius Baer sont en ligne avec les prévisions des analystes, voire supérieurs pour ce qui est du bénéfice net. Le consensus AWP avait prévu un produit d’exploitation de 1,79 milliard, des charges de 1,19 milliard et un bénéfice net de 497,3 millions.

Ratio BRI de 23,8%

Le ratio charges/produits s’est légèrement détérioré, passant à 65,4% (contre 63,1 % l’an dernier)%, partiellement en raison de la force du franc suisse et de la contraction de la marge brute, explique la banque. Le ratio BRI de niveau 1 est de 23,8% selon les prescriptions de Bâle II, contre 22,6% à fin 2010.

Au 31 décembre 2010, la banque affichait un total de bilan de 46,28 milliards de francs et des fonds propres de 4,4 milliards, soit une hausse de 7%. Le rendement des fonds propres atteignait 15,8 %, contre 17,4% l’an dernier. Les dépôts de la clientèle se montaient à 28,8 milliards.

Julius Baer planifie le lancement d’un programme de rachat d’actions portant jusqu’à 5% du capital flottant sur une valeur maximale de 500 millions. Ce programme devrait durer jusqu’à l’assemblée générale de 2012. Le rachat doit avoir lieu sur une deuxième ligne de négoce à la bourse suisse.

Pour ce qui est des perspectives, la direction de la banque confirme les objectifs financiers du groupe jusqu’en 2012. L’institut prévoit ainsi toujours de réaliser une marge de bénéfice avant impôts de plus de 40 points de base. L’afflux net d’argent frais devrait se monter à 4 à 6% par année, et le ratio «cost-income» se situer entre 60 et 64%. La banque avait parlé jusqu’ici de 62%.

L’intégration d’ING Bank Suisse, finalisée en mai, commence à déployer ses effets, constate l’agence AWP. Au deuxième semestre 2010, des synergies de coûts de 10 millions de francs ont été réalisées. Julius Baer confirme que les synergies de coûts avant impôts devraient se monter à 35 millions d’ici 2012. L’ensemble des coûts d’intégration et de restructuration devraient en revanche être supérieurs de 10% aux 65 millions prévus, selon la documentation de présentation de clôture annuelle.