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Un logo de la banque Julius Baer en février 2016.
© ENNIO LEANZA/KEYSTONE

Banque

Julius Baer déçoit au premier semestre

Malgré une progression des avoirs sous gestion de 3% et un bénéfice en hausse de 26% les résultats du gestionnaire de fortune zurichois ont déçu les analystes

Julius Baer a enregistré une légère progression des avoirs sous gestion sur les six premiers mois de l’année et a vu son bénéfice s’améliorer de manière significative. Du côté des analystes, la déception est au rendez-vous et a valu quelques déconvenues au titre.

«L’environnement de marché est difficile mais joue en notre faveur, en notre qualité de conseiller pour nos clients. En tenant compte des perspectives actuelles, je suis confiant dans le fait de pouvoir atteindre nos objectifs d’afflux d’argent et d’efficience en matière de coûts», a souligné Bernhard Hodler, successeur de Boris Collardi à la tête de la banque, qui a quitté son poste en novembre 2017 pour rejoindre Pictet à Genève.

Lire l’interview de Bernhard Hodler: «Je contribue au succès de Julius Baer depuis vingt ans»

Une performance de marché négative

Les avoirs sous gestion (AuM) ont atteint 399,9 milliards, en hausse de 3% par rapport à fin 2017. La banque a profité de l’acquisition de 95% du brésilien Reliance Group, d’un effet de change favorable de 1 milliard de francs et de l’afflux d’argent nouveau. Ce dernier a progressé de 5% sur une base annualisée, à 9,9 milliards.

Ces contributions positives ont toutefois été contrebalancées par une performance de marché négative de 4 milliards, liée au repli sur les bourses européennes et asiatiques à la fin du premier semestre. La progression de l’afflux d’argent nouveau est en ligne avec la fourchette ciblée de 4% à 6%, précise le communiqué.

L’Europe, la Suisse et l’Asie ont particulièrement contribué à la croissance, mais certains clients se sont montrés plus prudents dans la gestion de leur portefeuille. «Dans l’ensemble, ils continuent de s’engager sur les marchés et ne souhaitent pas manquer des opportunités», a précisé Bernhard Hodler.

Poursuite des embauches de conseillers

Le nombre de conseillers a augmenté de 79 depuis le début de l’année, dont 13 issus de Reliance Group. Les 66 autres proviennent de nouveaux recrutements, l’objectif étant d’en embaucher chaque année 80.

Le bénéfice net, calculé selon la norme IFRS, a bondi de 26% à 444 millions de francs. Ajusté des coûts d’intégration et de restructuration ainsi que des amortissements sur actifs immatériels, il a augmenté de 19% à 480 millions. Ces deux valeurs ont dépassé les prévisions du consensus AWP, qui tablait sur respectivement 440 et 476 millions.

L’an dernier: Julius Baer a enregistré son «meilleur semestre»

Le produit d’exploitation a bondi de 12% à 1,79 milliard. La marge brute est restée presque inchangée à 91,5 points de base. Les charges ajustées ont progressé de 9,8% à 1,21 milliard. Le ratio coûts sur revenus s’est amélioré à 67,3%, contre 69,1% à la même période un an plus tôt.

Si les attentes des analystes ont été dépassées au niveau du bénéfice, cela n’a été le cas ni pour l’afflux net de capitaux, escompté à 10,7 milliards, ni pour les avoirs sous gestion, attendus à 405,8 milliards. Les analystes tablaient également sur un produit d’exploitation plus élevé, à 1,82 milliard.

Toujours à l’affût d’acquisitions

Fort de sa capitalisation, le groupe est à l’affût d’opportunités de rachat. La banque a les capacités d’effectuer de petites et moyennes acquisitions. De plus importantes transactions sont possibles avec le recours à l’endettement.

«Nous n’excluons pas de plus grosses acquisitions», a souligné Bernhard Hodler. Dernièrement, les prix des acquisitions étaient encore élevés, dans les une à deux prochaines semaines, une détente est néanmoins attendue, a-t-il précisé.

D’après le patron de Julius Baer, l’objectif d’afflux d’argent nouveau en hausse de 4% à 6% et celui de 64% à 68% pour le ratio coûts/revenus devraient être atteints sur l’ensemble de l’année.

Julius Baer a présenté des chiffres solides, sans toutefois pouvoir répondre pleinement aux attentes, note la Banque cantonale de Zurich (ZKB). En tant que gestionnaire de fortune pur et dur, l’établissement est tributaire de la situation générale sur les marchés financiers, qui s’est détériorée, précisent les analystes. Vers 12h20, le titre lâchait 4,5% à 54,32 francs, lanterne rouge d’un SMI en recul de 0,52%.

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