A l'instar d'autres banques, Julius Bär estime que l'économie mondiale ne connaîtra pas de crash en 2007, mais un atterrissage en douceur. Elle ne devrait pas connaître de récession non plus. Tel est le scénario que la banque privée zurichoise privilégie, lors de la présentation jeudi à Zurich de ses prévisions pour l'an prochain.

Parmi les différentes classes d'actifs, Julius Bär mise sur les actions. La banque les surpondère légèrement, contrairement aux obligations, en raison de primes de risques d'inflation considérées comme faibles. «Nous surpondérons les pharmas américaines. Leur valorisation reste faible par rapport à leurs concurrents européens. Les changements politiques aux Etats-Unis ne devraient pas avoir d'influence sur leurs activités. Les changements législatifs ne pourront se faire sans l'aval des républicains», souligne Gérard Piasko, responsable des investissements de Julius Bär.

Outre les actions, la banque privée zurichoise mise aussi sur les matières premières, plus particulièrement les agricoles qui devraient être surpondérées (30% à 40% de cette classe d'actifs). «Une bonne performance peut être attendue à moyen et long terme. L'éthanol et le biodiesel seront les moteurs de la croissance des prix du maïs, dont les réserves baissent. Quant au prix du blé, il devrait progresser, car d'exportateurs nets, l'Inde et la Chine deviendront, si ce n'est pas déjà le cas, des importateurs nets. De plus, les réserves de blé sont faibles», souligne Edward Ennis, chef de la recherche sur les matières premières de Julius Bär.

Outre les matières premières agricoles, l'établissement bancaire zurichois privilégie l'or. «L'intérêt croissant du Proche-Orient, de l'Inde et de la Chine soutiendra le cours de l'or. De plus, la diminution des ventes de la part des banques centrales devrait également avoir un effet positif sur le cours», fait remarquer Edward Ennis.

En dehors des investissements classiques, la banque privée zurichoise mise aussi sur les placements alternatifs. «La volatilité est à un niveau très bas en ce moment. En 2007, elle devrait progresser, ce qui représentera une opportunité pour les hedge funds», conclut Janwillem Acket, économiste en chef de Julius Bär.