«Nous prévoyons des tensions persistantes sur les marchés, à moyen terme. Dans cette situation, nous ne pouvons pas agir de manière déterminante sur nos revenus, mais seulement sur les coûts. Nous nous sommes donc fixé pour objectif de diminuer encore une fois nos charges d'exploitation de 10% d'ici à la fin de l'année», déclare Jürg Stähelin, porte-parole de la banque Julius Bär, dont les résultats semestriels accusent en comparaison annuelle un recul du bénéfice net de 14% à 118 millions de francs.

Malgré un afflux net d'argent frais de 2 milliards de francs, les fonds gérés (hors Global Custody) par l'institution zurichoise de private banking ont diminué de 12 milliards, soit 8% par rapport à fin 2001. Ils s'élèvent à 126 milliards de francs, dont 61 milliards d'avoirs de la clientèle privée, 26 milliards d'actifs institutionnels et 28 milliards en fonds de placement. Le recul est dû à l'évolution de la Bourse, ainsi qu'à l'évolution du taux de change – un tiers du montant des dépôts étant placé en dollars.

Les activités pour le compte de la clientèle s'étant taries, le résultat des opérations de commissions a chuté de 567 millions de francs à fin juin 2001 à 543 millions de francs. Les taux d'intérêt ayant baissé, le résultat des opérations d'intérêts a diminué de 95 millions de francs à 82 millions de francs. Les opérations de négoce, cependant, ont été positives, atteignant 66 millions de francs (comparés à 64 millions). Au total, le produit d'exploitation net a baissé de 19% par rapport au premier semestre 2001, pour s'établir à 615 millions.

Réduction de 6% des effectifs

Dans ce contexte difficile, Julius Bär a mis en œuvre le plan de réduction des coûts décidé en août de l'année dernière. Calculées sur l'année, les mesures déjà prises représentent une réduction des coûts de 104 millions de francs (hors primes). Les charges d'exploitation pour le premier semestre se sont élevées à 433 millions de francs (comparés à 504 millions de francs). Les frais de personnel, en particulier, ont diminué de 321 millions de francs à fin juin 2001 à 290 millions. Cette baisse de 10% reflète la diminution de 6% des effectifs, qui s'élèvent maintenant à 2324 collaborateurs. Les frais de gestion de bureau ont, eux aussi, été réduits de 22%.

Tout compte fait, le bénéfice avant impôts a néanmoins baissé de 28% en comparaison annuelle, à 154 millions de francs. Il est cependant nettement supérieur à celui enregistré pour le second semestre 2001. Cela se vérifie dans le bénéfice net de 188 millions de francs – en diminution de 14% par rapport à la période correspondante de l'exercice précédent, mais en augmentation de 36% par rapport au semestre clos au 31 décembre 2001.

Les économistes de Julius Bär ont déjà fait savoir ces derniers mois qu'ils ne s'attendaient pas à une reprise rapide des marchés boursiers. La banque zurichoise en tire les conséquences, et décide donc de poursuivre et d'accentuer sa politique de réduction des coûts. «L'objectif est clair: nos coûts doivent baisser encore une fois de 10% au second semestre», annonce Jürg Stähelin. Et de préciser: «Nous devons maintenant analyser l'ensemble des données, pour chaque implantation, chaque secteur d'activité – avant de prendre des décisions. Les mesures que nous prendrons toucheront sans doute aussi le personnel, et il n'est pas certain que des licenciements pourront être évités.»

Maintien des établissements helvétiques

Sur les plus de 2300 employés de la banque, environ 1600 travaillent en Suisse. A cet égard, Jürg Stähelin note: «La Suisse est notre principal marché et nous y maintiendrons sans l'ombre d'un doute tous nos établissements. Nous croyons en leur capacité de développement.» En revanche, d'autres entités du groupe pourraient éventuellement disparaître. Cependant, le projet d'implantation d'une nouvelle entité à Dubaï, au début de 2003, est fermement confirmé.

Disposant de fonds propres de 1,49 milliard, Julius Bär affiche un ratio Cooke (rapport fonds propres/capital ajusté aux risques) de 18%. Son ROE (rendement par rapport aux fonds propres) s'élevait à 16% au 31 juin.