La banque Julius Bär, spécialisée dans la gestion de fortune, a donné hier des signes contrastés. D'une part, elle annonce avoir enregistré d'importants flux d'argent frais au cours des quatre premiers mois de l'année. D'autre part, elle reconnaît que «les actifs sous gestion ont souffert de l'appréciation du franc suisse et de la mauvaise tenue des marchés». Tels sont les conclusions en demi-teinte de sa déclaration intermédiaire sur ses résultats, purement qualitative, puisque les responsables de l'établissement se refusent à chiffrer l'apport d'argent frais ou la baisse des fonds sous gestion.

Ainsi, même s'il dit ne pas être touché par les «subprime» dans la mesure où il est exclusivement actif dans la gestion de fortune, le groupe zurichois souffre indirectement en raison de la dépréciation générale des actifs. Mais l'arrivée de fonds montre, d'un autre côté, qu'il a bénéficié des déboires de ses deux grands concurrents helvétiques, UBS et Credit Suisse, dont les activités de banque d'affaires sont frappées de plein fouet par la crise du crédit aux Etats-Unis.

Rentabilité satisfaisante

Au niveau de la rentabilité, Julius Bär parle d'un développement qui reste «satisfaisant». La contraction de la masse sous gestion a toutefois commencé à pénaliser les produits résultant des affaires de services et de commissions. Mais la banque affiche un optimisme modéré et entend stimuler sa croissance grâce aux investissements destinés à asseoir son métier de base, qui passe entre autres par l'ouverture de succursales.

Julius Bär n'oublie pas ses actionnaires et annonce qu'il poursuivra sur la voie du remboursement du capital excédentaire, comme le montre déjà le programme de rachat d'actions en cours. Pour mémoire, le bénéfice net dégagé l'an dernier avait progressé d'un tiers à près de 1,14 milliard de francs.

Titre sous pression

Hier, les actions du groupe bancaire ont été un peu chahutées, après avoir ouvert dans le vert. A la clôture le titre a baissé de 1,47%, à 80,60francs. La plupart des observateurs s'accordent à dire que la déclaration intermédiaire est difficile à évaluer, car elle n'est pas chiffrée. Pour Peter Thorne, d'Helvea, l'afflux «significatif» est incontestablement une bonne nouvelle. En raison du recul de la masse sous gestion, Javier Lodeiro, de Sal. Oppenheim, insiste davantage sur la pression sur les produits futurs.